Castelsardo,  Sites archéologiques de Sardaigne

Domus de janas de l’Elephant Rock

Célèbre pour sa forme naturelle évoquant un éléphant, le Rocher de l’Éléphant abrite deux domus de janas creusées directement dans la roche volcanique. La conformation morphologique exceptionnelle du bloc erratique dans lequel ces tombes ont été aménagées en fait à la fois un monument naturel et un site funéraire préhistorique de tout premier plan.


Le Rocher de l’Éléphant est issu d’un bloc de roche volcanique d’environ quatre mètres de hauteur, autrefois rattaché au complexe rocheux du Monte Castellazzu. Détaché par glissement à mi-pente, il a été progressivement modelé par l’érosion atmosphérique, qui lui a conféré sa silhouette singulière. Son nom originel, Pedra pertunta (« pierre perforée »), renvoie aux cavités visibles dans la roche.

Ce site constitue l’exemple le plus emblématique de domus de janas aménagées dans un bloc erratique, illustrant de manière spectaculaire l’interaction entre géologie, paysage et pratiques funéraires dans la Sardaigne préhistorique.

🧭 Découvrons l’emplacement du Domus de janas de l’Elephant Rock


À environ 500 mètres à vol d’oiseau, dans la zone tampon du site, se trouve une autre domus de janas taillée dans un bloc erratique : le tombeau de Scala Coperta. Celui-ci se distingue par une architecture particulièrement élaborée, comprenant un atrium d’introduction profond, suivi d’une petite chambre quadrangulaire donnant accès à trois chambres disposées en croix, un agencement rare et significatif dans le contexte funéraire néolithique sarde.

Pour atteindre la Domu de janas Scala Coperta , l’idéal est de se munir d’un GPS et de définir les coordonnées suivantes :

  • Latitude : 40,89067
  • Long : 8,74022

La Domu de janas Scala Coperta est située dans une zone appelée Anglona, ​​qui fait partie de la municipalité de Castelsardo.

🧭 Voir son emplacement sur Google Map



Et si vous poussiez jusqu’à Sedini ?

À une dizaine de kilomètres seulement du Rocher de l’Éléphant, un autre site mérite largement que l’on fasse un petit détour : Sedini.

Ici, la nature a encore une fois fait les choses à sa manière. Mais cette fois, l’homme ne s’est pas contenté de creuser la roche pour y installer ses morts. Il s’y est installé lui-même.

À Sedini se trouve en effet une impressionnante cavité naturelle, aménagée et occupée par l’homme depuis l’Antiquité. Les premières traces funéraires remontent à environ 2700 avant J.-C. : des tombes préhistoriques, creusées dans la roche, sont encore visibles aujourd’hui. Puis, au fil des siècles, ce qui avait d’abord été un lieu destiné aux morts est devenu un lieu de vie pour les vivants.

La roche a ainsi été successivement tombeau, abri, habitation et même maison intégrée au village. Une étonnante continuité d’occupation qui donne au site une dimension presque irréelle : on ne visite pas simplement une ancienne tombe, on découvre un morceau de nature transformé par l’homme en véritable habitat.

Et c’est précisément ce qui rend Sedini si intéressant. La frontière entre la roche et l’architecture y devient presque impossible à distinguer. La montagne n’a pas été construite : elle a été habitée.

Après les domus de janas du Rocher de l’Éléphant et de Scala Coperta, Sedini offre donc une autre façon de comprendre cette relation si particulière que les Sardes ont entretenue avec la pierre. Ici, les hommes n’ont pas seulement creusé la roche : ils ont fini par vivre dedans.

Un détour d’une dizaine de kilomètres qui, franchement, mérite le déplacement.

🧭 [Découvrons Sedini et sa maison troglodytique]