Les gorges de la Fou
Note importante :
Les Gorges de la Fou sont fermées au public depuis 2018, en raison de risques naturels jugés trop importants.
Le récit ci-dessous relate une visite effectuée en 2015, à une époque où le site était encore accessible.
Gorges de la Fou · Été 2015 — Au cœur de la faille vivante du Vallespir
En 2015, je me retrouve à l’entrée des Gorges de la Fou, dans cette vallée du Vallespir que j’aime tant, à deux petits kilomètres d’Arles-sur-Tech. Rien, vraiment rien, ne prépare à ce qui m’attend derrière la porte métallique qui marque le début du parcours. Tout semble calme, presque ordinaire. Et pourtant…
On me tend un casque.
Un simple geste, mais il dit tout : ici, on s’apprête à entrer dans un monde où la nature dicte ses lois.

Je m’engage sur les passerelles suspendues, celles qui s’accrochent littéralement à la paroi de la montagne. Le débit de l’eau résonne en contrebas, amplifié par l’étroitesse de la faille. Le premier pas suffit pour comprendre qu’on pénètre dans un univers vertical, une sorte de couloir naturel haut de près de 200 mètres, si étroit parfois qu’on pourrait toucher les deux parois en tendant les bras.



Le chemin file sur 1,8 km, aller et retour. Très vite, la lumière change.
Les murs de marbre bleu se teintent d’ocre, de vert, de rouge. Les couleurs semblent glisser, vibrer sous les jeux d’ombre et de réverbération. L’eau du torrent, lorsqu’elle surgit en pleine obscurité, brille comme un métal précieux. À certains endroits, on croirait voir de l’or fondu glisser dans la roche.






Chaque pas est une découverte.
Chaque virage donne l’impression de descendre plus profondément dans quelque chose de plus ancien que nous.








Et puis il y a les histoires.
Parce que les Gorges de la Fou ne se visitent pas sans une part de mystère.
On parle ici de sorcières, de génies tapis dans les profondeurs, de forces invisibles. Les habitants du coin évoquent toujours, à demi-mot, le trésor des Trabucayres — ces bandits du XIXᵉ siècle qui auraient caché leur butin quelque part dans ces parois impénétrables. Et cette légende de la brebis noire traversant la gorge pour ressortir blanche… Personne n’y croit vraiment, mais tout le monde la raconte.
En marchant dans cette faille, je comprends pourquoi.
Le lieu s’y prête.
Tout paraît possible dans ces gorges si étroites, si hautes, si vivantes.
Lorsque je ressors à la lumière du jour après 1h30 ou 2h d’exploration, j’ai l’impression d’avoir quitté un autre monde. Un monde où la pierre respire, où l’eau raconte, où les mythes prennent forme.
En 2015, les Gorges de la Fou offrent une aventure brute, fraîche, immersive, inoubliable.Et je quitte le site avec le sentiment d’avoir traversé un lieu qui ne ressemble à aucun autre.




Explorer le Vallespir : un territoire foisonnant autour des Gorges de la Fou
Visiter les Gorges de la Fou, c’est aussi découvrir tout un territoire riche, sauvage et lumineux : le Vallespir. À quelques minutes seulement du défilé, on peut prolonger l’aventure en montant vers Prats-de-Mollo et La Preste, deux étapes chargées d’histoire et de traditions. Plus bas, Arles-sur-Tech dévoile son abbaye, ses ruelles anciennes et son atmosphère typiquement catalane. Le fleuve Tech, colonne vertébrale du Vallespir, accompagne le voyage avec ses eaux fraîches et ses méandres paisibles.
Pour les amateurs d’horizons plus vastes, le versant sud du Canigou offre des panoramas grandioses et des randonnées inoubliables. Les plus aventuriers pourront s’offrir une sortie tout-terrain dans les pistes secrètes du massif ou rejoindre la Méditerranée en moins de trente minutes, pour une journée mêlant montagne et mer.
Le Vallespir — Un territoire catalan authentique, entre forêts profondes et villages perchés.
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Arles-sur-Tech — Abbaye millénaire, rues ombragées et traditions locales.
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Prats-de-Mollo & La Preste — Fortifications, thermalisme et atmosphère montagnarde.
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Le versant sud du Canigou — Des panoramas majestueux et des sentiers sauvages baignés de lumière.
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Le fleuve Tech — Un cours d’eau vivant qui serpente à travers la vallée, ponctué de coins de fraîcheur.
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Aventure tout-terrain dans le massif — Pistes secrètes, crêtes panoramiques et sensations garanties.
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La Méditerranée à moins de 30 minutes — Entre Collioure, Argelès et les criques sauvages de la Côte Vermeille.
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Et d’autres découvertes à venir… — Villages oubliés, cascades secrètes, chapelles romanes et chemins de transhumance.
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