Bangkok nous revoilà
Bangkok, nous revoilà !
Me voilà dans le bus, avec quelques heures devant moi pour me remettre à jour sur mes articles.
Ce matin, pas de grasse matinée. Lever à 7 heures, départ de Bottle Beach à 8 heures. Nous quittons notre petit coin de paradis pour rejoindre le ferry.
Et là, surprise !
JC et Patrick étaient présents à l’embarcadère. Un truc de fou ! On ne s’y attendait absolument pas. Nous pensions simplement prendre notre ferry tranquillement, et voilà que nous retrouvons les copains au beau milieu de nulle part.

Forcément, l’attente du bateau prend tout de suite une autre tournure. Quelques retrouvailles, des éclats de rire, et cette drôle d’impression que, même à des milliers de kilomètres de chez nous, le monde est finalement tout petit.
À 10 heures, embarquement sur le ferry à destination de Donsak, au Raja Pier.

Puis changement de décor : le bus.
Et là, ça va être un peu plus long…
Départ vers midi pour Bangkok, direction Khao San Road. Quatorze heures de bus annoncées, de midi jusqu’à demain matin 4 h 30.
Autant dire que j’ai largement le temps d’écrire.
Alors profitons-en pour reprendre le fil de notre voyage.
Et maintenant, nous retournons à Bangkok.
Mais cette fois, ce n’est pas seulement pour y faire étape.
Nous allons y retrouver Cricri et Henri.
Deux mois à sillonner l’Asie du Sud-Est, à changer de pays, de paysages, de moyens de transport et parfois même de façon de vivre.
Nous avons commencé par Bangkok, puis nous avons pris la route du Cambodge. Siem Reap, les temples d’Angkor, Kampong Cham, Kratie, Sen Monorom, Phnom Penh… Des kilomètres, des rencontres, des petits hôtels, des bus, des motos, des bateaux et cette impression permanente que le voyage ne se trouve jamais exactement là où on l’avait prévu.
Puis nous avons franchi la frontière avec la Malaisie.
Kuala Lumpur, Melaka, Ipoh, Kuala Kangsar, Taiping, Kuala Sepetang, Penang…
Un autre pays, une autre ambiance, une autre manière de vivre. La Malaisie nous a surpris par ses villes, ses communautés, ses paysages et ce mélange permanent entre modernité et traditions.
Et puis nous sommes revenus en Thaïlande.
Phuket d’abord.
La grande île touristique, ses plages, ses quartiers survoltés, mais aussi ses coins beaucoup plus tranquilles. Phuket nous a montré une Thaïlande à deux visages, celle des cartes postales et celle que l’on découvre dès que l’on s’éloigne un peu des grands axes touristiques.
Puis nous avons pris la direction du golfe de Thaïlande.
Koh Samui.
Nous y avons surtout appris qu’un voyageur peut parfois avoir un programme très ambitieux et décider, une fois arrivé, de ne strictement rien faire.
Trois jours les pieds dans l’eau, une plage, quelques verres et beaucoup de farniente.
Finalement, ce n’était peut-être pas si mal.
Puis Koh Phangan.
Là, changement d’ambiance.
L’île nous a beaucoup plus séduits. Une nature encore très présente, des montagnes couvertes de végétation, des plages magnifiques et cette atmosphère particulière qui mélange voyageurs, habitants, petits restaurants, bungalows et amateurs de tranquillité.
Nous avons trouvé notre petit coin de paradis à Bottle Beach.
Et comme souvent en voyage, nous avions prévu de visiter l’île.
Nous ne l’avons pratiquement pas fait.
Nous étions trop bien sur notre plage.
C’est aussi ça, voyager.
Parfois, le meilleur programme consiste à ne pas respecter le programme.
Puis il y a eu Koh Tao, l’île de la Tortue.
Plus petite, plus sauvage, davantage tournée vers la mer et la plongée.
Mais Koh Tao nous a aussi réservé une surprise d’un autre genre avec l’exploration d’un ancien complexe abandonné, perdu dans la végétation. Un de ces endroits que nous aimons particulièrement : des bâtiments oubliés, la jungle qui reprend ses droits, quelques traces d’une activité passée et cette étrange impression de visiter un lieu qui n’attendait plus personne.
Nous avons également découvert le parc national marin de Mu Ko Ang Thong.
Quarante-deux îlots posés dans le golfe de Thaïlande, des falaises couvertes de végétation, des eaux turquoise et des paysages qui donnent parfois l’impression d’avoir été dessinés pour une brochure touristique.
Sauf qu’ici, nous y étions.
Et maintenant, nous voilà de nouveau sur la route.
Direction Bangkok.
Nous y sommes déjà venus.
Nous y avons même commencé notre voyage.
Mais cette fois, Bangkok n’est pas une étape comme les autres.
Nous retournons dans la capitale pour attendre Cricri et Henri.
Ils arrivent le 14 décembre.
Et cela change tout.
Depuis notre départ, nous avons beaucoup bougé tous les deux. Nous avons pris nos habitudes de voyageurs au long cours : regarder les horaires de bus au dernier moment, chercher une chambre pour quelques jours, négocier un transport, monter dans un bateau sans toujours savoir exactement ce qui nous attend à l’arrivée et surtout apprendre à ne plus courir après le temps.
Mais cette fois, nous allons retrouver des proches.
Il va falloir leur faire découvrir cette Asie que nous avons commencé à apprivoiser.
Et surtout leur montrer Bangkok.
Pas seulement les temples et les monuments que l’on trouve dans tous les guides.
Nous avons envie de leur montrer notre Bangkok.
Celle des petites rues où l’on ne sait jamais ce qui se trouve derrière le prochain virage.
Un vendeur installé au bord du trottoir.
Une gargote où quelques tables en plastique occupent presque toute la rue.
Un temple coincé entre deux immeubles.
Un atelier ouvert directement sur le trottoir.
Une vieille maison en bois qui semble avoir oublié qu’une mégapole de plusieurs millions d’habitants s’est construite autour d’elle.
Un marché.
Un bateau sur le Chao Phraya.
Un quartier chinois qui déborde de partout.
Des ruelles où les odeurs de cuisine se mélangent à celles de la rivière.
C’est cette Bangkok-là que nous voulons retrouver.
Car Bangkok a quelque chose d’étrange.
On peut y passer plusieurs fois et avoir chaque fois l’impression d’arriver pour la première fois.
La ville change sans arrêt.
Un immeuble apparaît.
Une boutique disparaît.
Une ruelle devient un chantier.
Un vieux bâtiment résiste.
Un quartier se transforme.
Et pendant ce temps, les habitants continuent leur vie au milieu de cette gigantesque mécanique urbaine.
Nous avons déjà parcouru une partie de Bangkok au début de notre voyage.
Nous avons découvert ses quartiers, ses marchés, ses quais, ses petites rues et ses endroits plus inattendus.
Mais maintenant que nous avons passé deux mois sur les routes, notre regard a changé.
Nous ne regardons plus seulement Bangkok comme une ville où nous sommes arrivés.
Nous la regardons comme une ville vers laquelle nous revenons.
Et ce n’est pas tout à fait la même chose.
Dans quelques jours, Cricri et Henri vont débarquer.
Nous allons récupérer nos compagnons de route et repartir ensemble.
Le voyage va prendre un nouveau rythme.
Après deux mois à deux, nous allons être quatre.
Et quatre voyageurs en Asie, ça promet forcément quelques histoires supplémentaires.
Alors Bangkok, nous revoilà.
Nous avons encore quelques jours avant leur arrivée.
Juste le temps de retrouver nos marques, de ressortir l’appareil photo, de reprendre nos déambulations dans les rues et de préparer la suite.
Parce que la suite, elle, ne sera pas de tout repos.
Bangkok sera notre point de départ pour une nouvelle aventure.
Cette fois, nous ne serons plus seuls.
Et quelque part, dans un aéroport, Cricri et Henri sont déjà en train de se rapprocher de nous.
La suite du voyage peut commencer.


