09/15 avril 2012

Dernière ligne droite avant Burgos

Après une bonne nuit de repos, nous reprenons la route en direction de Burgos, dernière grande étape de notre périple. Mais avant d’y arriver, une pause s’impose à Cenicero, petite ville de La Rioja connue pour ses vignobles… et pour un détail bien plus surprenant : sa statue de la Liberté !

Oui, vous avez bien lu. Pas besoin de traverser l’Atlantique pour admirer une réplique de la célèbre statue new-yorkaise. Ici, perchée fièrement sur un socle, elle tient sa torche bien haut, comme pour guider les amateurs de vin vers les meilleures bodegas du coin. Mais que fait donc Miss Liberty en pleine campagne espagnole ? L’histoire raconte qu’en 1897, les habitants de Cenicero, fiers de leur esprit républicain et de leur indépendance, décidèrent d’ériger cette statue en hommage aux valeurs de liberté et de progrès. Une version locale du rêve américain, mais avec du bon vin à la place des hamburgers !

Amusés par cette curiosité inattendue, nous faisons une halte à Bodegas Riojanas, l’une des caves historiques de la région. Derrière sa façade de pierre, l’établissement dévoile de vastes salles voûtées où reposent d’innombrables fûts de chêne.


L’ambiance y est chaleureuse, imprégnée des arômes du vin en maturation. Après une dégustation d’un verre de Rioja, aux notes fruitées et épicées, et une petite visite du village, nous reprenons la route.


Notre seconde halte du jour : Santo Domingo de la Calzada, une ville emblématique du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle.


Santo Domingo de la Calzada, est nichée sur les rives de l’Oja, cette cité médiévale doit son nom à Domingo García, un ermite du XIe siècle qui consacra sa vie à faciliter le passage des pèlerins en construisant routes, ponts et hôpitaux. Aujourd’hui encore, Santo Domingo de la Calzada reste une halte incontournable sur la voie jacquaire, où se mêlent spiritualité et légendes.


À la découverte d’une ville légendaire

En arrivant, nous sommes immédiatement plongés dans l’ambiance de cette ville au riche passé. Ses ruelles pavées, ses façades de pierre dorée et ses pèlerins en marche créent une atmosphère unique.

Nous commençons notre visite par la cathédrale de Santo Domingo de la Calzada, un joyau du gothique espagnol. Ce qui la rend vraiment célèbre, c’est son poulailler en plein cœur de l’édifice, où vivent un coq et une poule en hommage à la célèbre légende du miracle du pendu-dépendu.

Selon la tradition, un jeune pèlerin allemand en route pour Compostelle aurait été injustement condamné à mort et pendu. Grâce à l’intervention de Santo Domingo, il aurait miraculeusement survécu. Lorsque ses parents, venus supplier le juge, lui annoncèrent que leur fils était encore en vie, ce dernier, en train de dîner, se serait moqué d’eux en affirmant que leur fils était aussi vivant que son repas… à cet instant, le coq et la poule rôtis dans son assiette se seraient soudainement redressés et auraient pris vie ! Depuis, un couple de volailles est toujours présent dans la cathédrale.

Après cette visite surprenante, nous nous laissons guider par les ruelles anciennes, où chaque bâtiment semble avoir une histoire à murmurer. Une prison figée dans le temps, un palais aux secrets bien gardés, une auberge qui abrite encore l’ombre des pèlerins d’hier… Ici, le passé ne se contente pas de survivre, il nous entraîne avec lui.

Suite a cette cette immersion dans l’histoire de Santo Domingo de la Calzada, nous faisons une pause bien méritée. Un chorizo riojano accompagné d’un verre de vin de La Rioja nous permet de reprendre des forces.

Il est temps de reprendre la route vers Burgos, où nous attend un patrimoine exceptionnel. Mais cette halte nous a une fois de plus rappelé que, sur le chemin de Saint-Jacques, chaque étape réserve son lot de découvertes et de récits fascinants…


C’est ainsi que notre curiosité nous pousse vers un lieu méconnu : Castil de Carrias, un village abandonné perdu dans les paysages de la province de Burgos.

Castil de Carrias est l’un de ces nombreux villages espagnols désertés au fil des décennies, victimes de l’exode rural et du déclin agricole. Ici, le temps semble s’être arrêté. En approchant, nous découvrons des maisons de pierre en ruines, certaines encore debout, d’autres réduites à des amas de pierres envahies par la végétation. L’église, bien que délabrée, domine toujours le paysage avec son clocher solitaire.

Ce genre de village fantôme est un vestige poignant d’une époque révolue, où l’Espagne rurale était encore prospère. Aujourd’hui, seuls quelques passionnés d’histoire et d’urbex viennent explorer ces lieux oubliés. Castil de Carrias rappelle à quel point certains territoires ont été vidés de leur population, laissant derrière eux des traces d’un passé qui s’efface lentement.

Après avoir arpenté les ruines et pris quelques photos, nous reprenons la route, avec le sentiment d’avoir effleuré un pan méconnu de l’histoire espagnole.


Cap sur Burgos, la dernière étape du voyage

Cette fois, plus de détour : Burgos nous attend. Après ces visites chargées d’histoire et d’émotions, nous sommes impatients de découvrir cette ville emblématique du chemin de Saint-Jacques, son riche patrimoine et surtout sa cathédrale gothique, joyau architectural qui marquera le point final de notre périple.