Résidences abandonnées Buniel
Notre road trip de Narbonne à Burgos nous conduit, en ce 16 avril, vers les résidences abandonnées de Buniel.
Quatre ans après l’éclatement de la bulle immobilière, l’Espagne porte encore les profondes cicatrices de la crise. Malgré les premiers signes de reprise économique, des milliers de logements construits durant les années d’euphorie n’ont jamais trouvé d’habitants. Partout surgissent des « villes fantômes », figées dans le temps.

À Buniel, à une vingtaine de kilomètres de Burgos, des centaines de structures en béton s’élèvent derrière le village. Sans fenêtres, sans portes, envahies par les herbes folles, elles ressemblent à une armée de spectres silencieux. Au pied des immeubles inachevés, des sacs de ciment oubliés témoignent d’un chantier brutalement interrompu.

Nous découvrons ainsi la Ciudad Jardín Soto Real, un vaste projet qui devait accueillir près d’un millier de familles. La crise financière de 2008 a eu raison du promoteur, contraint de déposer le bilan, laissant derrière lui ces bâtiments inachevés.

Avant l’effondrement du marché immobilier, l’Espagne avait construit à un rythme effréné. Les crédits étaient faciles à obtenir, les prix ne cessaient de grimper et l’immobilier semblait être un investissement sans risque. Cette frénésie fut encore alimentée par des décisions politiques parfois contestables, certaines communes autorisant des constructions sur des terrains jusque-là inconstructibles.

Après avoir arpenté cette cité abandonnée, dont l’atmosphère laisse une impression étrange et presque irréelle, nous reprenons la route en direction du monastère de Rioseco. Un autre lieu oublié du temps nous attend, un joyau cistercien en ruines où le silence, la pierre et l’histoire se mêlent dans une même émotion.








