Le Clos des Légendes
À mi-chemin entre le sentier du berger et celui qui grimpe vers le château de Sévérac, il existe un endroit qui ne se visite pas vraiment… il se devine. Le Clos des Légendes n’annonce rien, sinon une grille un peu récalcitrante qu’il faut pousser comme on entrouvre un vieux livre oublié. Et soudain, le décor bascule.
Né sous l’impulsion de l’association la Pierre des Causses, ce jardin hors du temps ressemble à une parenthèse sculptée dans la pierre et l’imaginaire. Une tour y veille, percée d’un vitrail évoquant la douce et tragique Sainte Germaine. Non loin, un kiosque semble frémir, comme habité par le vol léger des fadarelles, ces petites fées du pays que l’on imagine rieuses et insaisissables.



Puis viennent les rencontres. Un dragon qui ne crache plus que des souvenirs, un corbeau aux allures de gardien silencieux, un chat famélique digne d’un conte un peu cruel. Le loup n’est jamais très loin. Et puis ces figures plus secrètes encore, presque murmurées par la terre elle-même : désadieu, tamarou, ou l’infortunée Gloriande de Thémines, figée dans son destin.





Plus loin, le duc d’Arpajon surgit, lancé à bride abattue vers le château, éternel cavalier d’une course qu’il ne finira jamais. Et dans un coin d’ombre, le sorcier cornu, échappé du tumulus de Villeplaine, semble encore veiller sur les mystères anciens.


Ici, les légendes ne sont pas racontées. Elles se tiennent là, immobiles, à hauteur d’homme, comme si elles attendaient simplement qu’on les regarde pour reprendre vie. Le Clos des Légendes n’est pas un lieu spectaculaire. Il est mieux que cela : il est une confidence.










