Belcastel : un village ressuscité…
J’avais entendu parler, il y a bien longtemps, du village de Belcastel, Aveyron ressuscité de ses ruines.
Dans les années 1970, le village n’était plus que l’ombre de lui-même. Mais un homme allait inverser le cours des choses : Fernand Pouillon. En restaurant le château, il enclenche sans le savoir un véritable effet domino. Peu à peu, habitants et municipalité se mobilisent. Pierre après pierre, Belcastel reprend vie.







Car non, Belcastel n’a pas toujours été cette carte postale parfaite.
À sa disparition, Pouillon est enterré dans le petit cimetière du village, le regard tourné vers ce qui restera son œuvre ultime.
Et c’est là que l’histoire devient vraiment intéressante.
En 1983, une nouvelle municipalité s’installe, avec à sa tête celui que l’on pourrait appeler le second bâtisseur des lieux : Claude Cayla. Sous son impulsion, la renaissance s’accélère. Dès 1985, la restauration des maisons du bourg et du petit patrimoine s’organise. Il faudra près de quinze ans pour que Belcastel sorte totalement de ses ruines.

Le travail accompli est titanesque. On redonne vie aux métiers à ferrer, au four banal, aux maisons anciennes du XVe au XVIIIe siècle, au pont du XVe siècle et à sa croix, aux calades. Des sites entiers sont remis en valeur : les chaises du seigneur, le Roc d’Anglars et les vestiges de son fort du Xe siècle, ou encore la Vierge du Lourdou et son chemin de croix.
L’église, elle aussi, bénéficie d’une restauration approfondie. Elle abrite des trésors classés, dont le gisant du seigneur Alzias de Saunhac, ancien maître des lieux, ainsi que plusieurs statues d’une grande valeur, inscrites aux Monuments historiques.



C’est également dans cette église que l’on découvre un chemin de croix contemporain signé Casimir Ferrer , comme une respiration moderne dans un décor chargé d’histoire.


Belcastel fait aujourd’hui partie de ces lieux emblématiques de l’Aveyron, à l’image des Plus Beaux Villages de France, posés dans le paysage comme des louis d’or éparpillés dans les grands espaces aveyronnais. Ils méritent, chacun à leur manière, qu’on prenne le temps de s’y arrêter.



Mais la municipalité ne s’est pas contentée de restaurer des murs. Elle a fait un choix plus subtil : faire vivre le village.
Accueil d’artistes, expositions, intégration d’œuvres contemporaines dans l’espace public… Belcastel n’est pas un musée figé. C’est un lieu habité, en dialogue permanent entre passé et présent.
Dans ce cadre Casimir Ferrer , s’impose presque comme un symbole.
Outre le chemin de croix visible dans l’église, le village abrite trois de ses sculptures.
Sur la place Fernand-Pouillon, La Diane chasseresse veille. Arc en main, elle semble observer les allées et venues, comme une gardienne silencieuse du village.

En descendant vers la rivière, devant la mairie le décor change.
Là, Le Violoniste paraît jouer pour l’Aveyron qui s’écoule doucement, ajoutant une touche de poésie au paysage.

Et juste à côté, changement de rythme : La Corrida introduit une tension, un mouvement presque suspendu, contrastant avec la quiétude ambiante.

J’aime assez ces œuvres modernes qui ne troublent en rien l’harmonie de ce village médiéval. Elles sont là, discrètes, presque sages. Ni le chien ni le taureau ne viennent perturber le calme des lieux de leurs cris…Quant au Violoniste, on aurait presque envie de tendre l’oreille. Qui sait, avec un peu d’imagination, peut-être joue-t-il déjà.
Autres œuvres aux alentours de Casimir Ferrer
Et si l’on quitte Belcastel, le fil ne se rompt pas. Il se prolonge simplement ailleurs, comme une promenade qui change de décor.
À Sébazac-Concourès, le mouvement devient danse : La Danseuse de flamenco, L’Univers, L’Arche et ses violons. Ici, le métal semble suivre un rythme que l’on n’entend pas, mais que l’on devine.



Et sur le vieux pont de Villefranche-de-Rouergue , une présence veille : L’Archange. Entre ciel et rivière, il accompagne silencieusement ceux qui passent.

Finalement, ces œuvres dispersées composent une sorte de constellation discrète. Rien d’envahissant, rien d’imposé. Juste des points de rencontre entre l’art et le paysage.
Et Belcastel, au milieu de tout cela, reste comme le cœur battant de cette histoire… un village qui, après avoir été sauvé, a choisi de continuer à vivre.





















