Koh Phi Phi

Le tsunami de 2004

Le tsunami de 2004 : un des pires cataclysmes des temps modernes.

Lors de notre séjour à Koh Phi Phi, tout semblait irréel de beauté. L’eau était d’un bleu presque insolent, les falaises calcaires surgissaient de la mer comme des cathédrales, et le village de Ton Sai vivait au rythme nonchalant des arrivées de bateaux. Rien, à première vue, ne laissait deviner que l’île avait connu l’une des pires catastrophes naturelles de son histoire.



Et pourtant.
Le 26 décembre 2004, à 9 h 45 heure locale, une vague d’environ dix mètres de haut s’est abattue sur les côtes de Phi Phi.


En quelques minutes, le décor paradisiaque s’est transformé en chaos. Près de 800 personnes ont officiellement disparu sur l’île, mais le nombre réel de victimes serait bien supérieur : plusieurs milliers de vies auraient été fauchées lorsque les vagues meurtrières ont englouti Phi Phi et les îles voisines. La quasi-totalité des infrastructures fut détruite, emportant avec elles hôtels, maisons, commerces — près de 70 % du village.


Ce tsunami trouvait son origine à plusieurs centaines de kilomètres de là, dans un séisme sous-marin d’une violence extrême survenu trois heures plus tôt au large de Banda Aceh, à Sumatra, en Indonésie. Ici, à Phi Phi, personne n’avait eu le temps de comprendre.
En nous promenant dans le village de Ton Sai, nous avons découvert un parc discret, presque silencieux. Un lieu de mémoire dédié aux victimes du tsunami. Pas de grand discours, pas d’effets spectaculaires. Juste quelques plaques, quelques arbres, et cette impression tenace que l’île n’a rien oublié, même si elle a appris à revivre.

Les traces du drame sont aussi visibles ailleurs, pour qui sait regarder. Sur les plages, des panneaux indiquent les Tsunami Evacuation Routes.

Traduction :
Zone à risque de tsunami
En cas de séisme, réfugiez-vous sur les hauteurs ou à l’intérieur des terres.
Lorsqu’un séisme se produit, éloignez-vous rapidement de la plage et gagnez les hauteurs.

Ils sont partout. Impossible de les ignorer. Ils tracent des chemins précis, presque obstinés, vers les hauteurs de l’île. Tous mènent au même endroit : le View Point.


Ce belvédère, que l’on gravit aujourd’hui pour admirer le coucher du soleil, est aussi devenu un refuge vital en cas d’alerte.

Depuis 2004, les leçons ont été tirées. Un système d’alerte a été mis en place sur les plages les plus fréquentées, et les habitants ont été formés à réagir rapidement.

L’île s’est reconstruite en un peu plus d’un an, mais elle a surtout appris à vivre avec la mémoire du danger.
À Phi Phi, le paradis est bien réel. Mais il n’est jamais tout à fait innocent. Et c’est peut-être cela qui rend l’île encore plus bouleversante : cette beauté fragile, posée sur le souvenir d’une vague que personne ici n’a oubliée.