Berlin

1er jour à Berlin

Départ de Toulouse, arrivée à Berlin
Le voyage commence à Toulouse, un sac à dos léger et l’esprit déjà ailleurs. Quelques heures plus tard, l’avion se pose sur le tarmac berlinois. Pas celui dumythique Tempelhof — fermé depuis moins d’un an, en octobre 2008, et déjà reconverti en immense terrain de jeu urbain où les Berlinois font du vélo sur les anciennes pistes d’atterrissage [plus d’infos]— mais à Berlin-Schönefeld, l’aéroport des compagnies low-cost, brut, fonctionnel, sans fioritures.

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Dès la sortie de l’appareil, l’air est plus frais, plus sec. Le décor est planté : béton, lignes droites, bâtiments austères. Berlin nous accueille sans chichis, fidèle à sa réputation. Une ville qui ne cherche pas à séduire, mais qui impose d’emblée son caractère. Ici, on ne fait pas semblant : on atterrit dans l’histoire encore chaude, dans une capitale en perpétuelle reconstruction, où même les aéroports ont déjà plusieurs vies.

Nous sommes vendredi matin, un de ces matins où la ville semble encore endormie, comme si elle récupérait doucement de la nuit précédente. De là, nous avons pris le train jusqu’à la gare d’Ostbahnhof.

À la sortie de la gare, nous rejoignons directement les quais de la Spree.
Sur le chemin, les premières images défilent : grandes artères, immeubles massifs hérités de l’époque soviétique, chantiers à ciel ouvert, façades ravalées qui côtoient encore des murs fatigués. Berlin se montre telle qu’elle est : en perpétuelle reconstruction.

Très vite, nous longeons ce ruban de béton devenu galerie à ciel ouvert : l’East Side Gallery, l’un des plus longs fragments conservés du Mur de Berlin. Des fresques colorées recouvrent l’ancien mur de séparation, transformant ce symbole de division en un manifeste artistique et politique.

L’East Side Gallery est sans aucun doute l’un des lieux les plus connus et emblématiques de Berlin.

Il s’agit d’une portion du Mur longue de 1,3 kilomètre, entièrement couverte de fresques réalisées par des artistes du monde entier. Un musée à ciel ouvert, posé là comme un manifeste permanent contre les murs et les frontières.

Le cadre, en revanche, n’est pas forcément le plus idyllique : la galerie longe un large boulevard très fréquenté. Le trottoir est heureusement assez large et une bande de stationnement vous sépare de la circulation.

Alors, est-ce que ça vaut tout de même la peine d’y aller ?

Oui, clairement. Ne serait-ce que pour admirer le célèbre Baiser fraternel de Dmitri Vrubel, cette image devenue iconique dans le monde entier. On a beau l’avoir vue mille fois en photo, la découvrir en vrai, sur les restes du Mur, prend une toute autre dimension.

Le Baiser n’est pas la seule fresque emblématique, même s’il reste la plus célèbre, et la promenade devient vite une galerie d’art en plein air où chaque mur raconte un fragment de l’histoire berlinoise.

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Panneau à l’entrée de L’East Side Gallery

Ce panneau est un joyeux mille-feuille de signalisation berlinoise — un concentré d’Allemagne en version street-art.

Voici ce qu’il signifie, de haut en bas :

1) Triangle vert avec fleur
« Geschützte Grünanlage »
👉 Espace vert protégé
Cela signifie que cet endroit est classé et protégé par la loi allemande (depuis 1997).
On ne cueille pas les fleurs, on ne dégrade pas, on respecte la nature. Même les tulipes ont des droits civiques ici.

2) Panneau East Side Gallery
👉 Vous êtes à l’East Side Gallery, la plus longue portion encore debout du mur de Berlin, transformée en galerie d’art à ciel ouvert.
Le panneau indique qu’il existe des visites guidées et donne le site officiel.

3) Les pictogrammes d’interdiction
De gauche à droite :
🚫 Interdiction de faire des barbecues
🚫 Sens interdit / accès interdit
🐕 Chiens autorisés uniquement en laisse
❄️ Attention au verglas en hiver

4) Dernier panneau d’avertissement
⚠️ Achtung ! Attention !
⚠️ Betrug ! Deception !
👉 Mise en garde contre les pickpockets et les arnaques autour du site touristique.

En résumé
Vous êtes dans un parc protégé, sur un site historique, artistique et très fréquenté.
On respecte la nature, on tient son chien, on ne fait pas de barbecue, on fait attention aux glissades…
… et on garde un œil sur son portefeuille.

Berlin : poétique, culturelle, mais pas naïve.

Le mur n’est peint que d’un côté, de l’autre, on trouve un espace vert en bord de rivière ou souffler un moment. Le fleuve découpe la ville comme une colonne vertébrale et lui donne ce souffle si particulier. Le long des quais, se croisent promeneurs, artistes de rue, étudiants, voyageurs perdus et Berlinois pressés. Certains dessinent, d’autres jouent de la guitare, quelques-uns improvisent des apéros sur les berges.

Berlin s’offre sans mise en scène. On s’assoit sur un rebord, on regarde passer les péniches, on observe cette faune urbaine incroyablement variée. Ici, personne ne semble juger personne. Chacun est libre d’être exactement ce qu’il est.

L’East Side Gallery est très sympa, mais si vous avez vraiment envie d’en apprendre davantage sur le Mur de Berlin et la période qui l’entoure, c’est ailleurs qu’il faut aller.
Direction le Mémorial du Mur de Berlin — littéralement à l’autre bout de la ville… mais malheureusement, ce ne sera pas pour cette fois.
🧭 Le voir toutefois sur Google Map


Nous avons ensuite bifurqué vers le RAW‑Gelände, cette ancienne friche industrielle devenue un immense terrain de jeu alternatif. Entre graffitis multicolores et hangars reconvertis, l’endroit vibrait d’une énergie singulière : bars, clubs underground, skatepark et fresques murales cohabitaient avec les vestiges de l’époque ferroviaire.

Chaque recoin semblait raconter une histoire différente, de la création artistique spontanée aux nuits endiablées, et l’on se laissait facilement happer par cette atmosphère berlinoise, brute et vivante, où le passé industriel se mêle à la fête et à l’art.

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Nous décidons ensuite de remonter le fleuve, afin d’aller jusqu’à l’île des musées. Nous tombons sur ce qui ressemblait à un drôle de village bricolé au bord de l’eau : le fameux bar‑club Bar 25, qui a installé ses tentes et ses scènes, incarnant à merveille l’esprit techno underground de Berlin.

Le Bar 25 étant l’un des plus trashs de la capitale allemande ; il avait ouvert en 2004.

Un petit village sur les berges de la Spree qui faisait tout à la fois : club open-air, restaurant, bar, petit hôtel, cinéma improvisé, et même piscine.

Le Bar 25 n’était pas seulement célèbre à Berlin, il était mondialement connu comme un club de jour et de nuit exceptionnel. Paul Kalkbrenner, célèbre DJ berlinois, venait régulièrement mixer dans la cabane principale.

À notre arrivée à l’intérieur, la première rencontre a été celle d’une petite cabane en bois abritant les toilettes. L’odeur nauséabonde qui en émanait ne donnait pas envie de s’y attarder.

De là, il fallait avancer tout droit vers les bords de la Spree, en slalomant entre les ravers et les cadavres de bière. Chacun y trouvait bars, nourriture, balançoires, barils de feu, canapés, tables, vélos, auto-tamponneuses hors service… mais surtout, de la très bonne musique.

Mise à jour :
À partir de 2012, ce terrain deviendra officiellement le Holzmarkt 25, un vaste quartier alternatif coopératif de plus de 12 000 m², dédié à la culture, à la musique, à la gastronomie, aux ateliers d’artistes, aux commerces créatifs et aux lieux de vie, dans l’esprit direct de ce que nous avions découvert trois ans plus tôt.


L’île aux Musées et le cœur historique

Puis vient l’île aux Musées, comme un rappel solennel que Berlin n’est pas seulement une capitale de la fête et des nuits blanches, mais aussi une ville de culture, de savoir et de mémoire.

Les façades majestueuses, les colonnades monumentales et les bâtiments de pierre claire racontent l’histoire de l’Europe, de l’Antiquité à l’époque moderne. Ici, tout respire la grandeur, l’ordre et la permanence. Le contraste est saisissant avec l’image underground que l’on se fait souvent de la ville.

Classée au patrimoine mondial de l’UNESCO, l’île abrite plusieurs musées d’État, ouverts presque tous les jours, formant l’un des ensembles muséaux les plus prestigieux d’Europe.

Emplacement l’ancien Palast der Republik
Symbole du pouvoir de la RDA, le Palast der Republik a été détruit en 2008. A la place va être reconstruit à l’identique le château de Berlin, qui fut détruit en 1950 par les communistes.

La cathédrale de Berlin (Berliner Dom)
Massive, spectaculaire, presque théâtrale, elle domine l’île de son immense coupole. À l’intérieur, marbres, dorures et orgue monumental composent un décor impérial. Depuis le sommet, la vue sur la ville est tout simplement grandiose.

Springbrunnen im Lustgarten
Vaste esplanade verte bordée par la cathédrale et l’Altes Museum, le Lustgarten est le salon à ciel ouvert de l’île. Ancien jardin des princes devenu place publique, il voit aujourd’hui se croiser étudiants, musiciens, touristes et flâneurs, allongés dans l’herbe face aux monuments. Un lieu parfait pour reprendre son souffle… et quelques photos.

L’Altes Museum
Temple néoclassique aux colonnes imposantes, il abrite les collections antiques grecques et romaines. Sculptures, vases, bijoux : ici, c’est la Méditerranée antique qui s’invite au bord de la Spree.

Le Neues Museum
Entièrement restauré après les bombardements de la Seconde Guerre mondiale, il est célèbre pour abriter le buste de Néfertiti. Un musée à la fois moderne et chargé d’histoire, où l’architecture dialogue avec les civilisations anciennes. Il a ouvert en 2008.

L’Alte Nationalgalerie
Avec son allure de temple antique perché sur son socle, elle expose les grands maîtres allemands du XIXᵉ siècle, ainsi que Monet, Renoir ou Manet. Une parenthèse romantique et impressionniste au cœur de Berlin.

Le musée de Pergame
C’est la star des lieux. On y entre comme dans un décor de cinéma : porte d’Ishtar de Babylone, autel de Pergame, portes monumentales de l’Antiquité. Un musée spectaculaire, à la démesure berlinoise, qui impressionne autant qu’il fascine.

Le Bode-Museum
Installé dans un élégant bâtiment posé au bout de l’île, il est consacré à la sculpture, à l’art byzantin et aux trésors de la collection numismatique. Un lieu raffiné, presque feutré, où l’on voyage du Moyen Âge à la Renaissance en quelques salles.


Après les friches reconverties, les cabanes de bois et les terrasses au bord de la Spree, on sait retrouvé face à une ville impériale, presque solennelle, qui semble nous rappeler qu’avant d’être un terrain de jeu, Berlin fut d’abord un centre de pouvoir, de savoir et d’art.

Et pourtant, là encore, la ville ne renie rien. Elle juxtapose les époques, superpose les styles, entremêle les mémoires. Berlin ne choisit pas entre hier et aujourd’hui : elle assume tout — avec un sens du contraste qui ferait pâlir un directeur artistique.


Le programme suivant est culturel (si on veut) direction le Kunsthaus Tacheles. 😀

Lieu mythique, un véritable squat artistique emblématique du Berlin post-Mur, Tacheles est un foyer de création depuis les années 90. Ancien grand magasin abandonné, il a été investi par des artistes du monde entier.
Ateliers ouverts, sculptures bricolées, installations improbables, fresques murales géantes : ici, l’art déborde de partout, grimpe aux façades, envahit les couloirs, surgit dans les cages d’escalier.
À Tacheles, la fête prend une forme visuelle et contemplative, mais reste profondément subversive. Une autre manière de prolonger la nuit, les yeux grands ouverts cette fois.


Arrivé au Kunsthaus Berlin rechange de visage, c’est un Berlin à l’état brut.

Un immeuble éventré, griffé de graffitis, tagué jusqu’au dernier centimètre carré, et pourtant vibrant comme un cœur en pleine nuit.

Occupé depuis 1990 par une tribu d’artistes venus des quatre coins du monde, ce squat mythique s’est transformé en un véritable laboratoire culturel à ciel ouvert.

À l’extérieur, les façades arborent d’immenses fresques murales, dans un style graffiti radical et coloré.

Une grande cour sert d’atelier à ciel ouvert à des créateurs excentriques : sculptures en métal, pièces monumentales, installations improbables. Le tout cohabite avec des galeries improvisées et des espaces de travail partagés entre sculpteurs et peintres.

Je pousse une porte grinçante.
Immédiatement, l’odeur de peinture fraîche se mélange à celle de la bière renversée.

À l’intérieur, sculptures et œuvres d’art moderne envahissent les couloirs et les pièces d’une énergie brute, presque électrique.

Des escaliers tagués montent vers des étages dont on ne distingue pas bien la fin. Chaque mur raconte une histoire. Chaque recoin cache une œuvre, un atelier, une silhouette penchée sur une toile ou une sculpture faite de bric et de broc.

On déambule dans ce labyrinthe artistique comme dans une cathédrale païenne.
Ici, une galerie improvisée expose des toiles encore humides. Là, un sculpteur soude des morceaux de ferraille dans un vacarme d’étincelles. Plus loin, un musicien accorde sa guitare pendant qu’un bar s’improvise dans une ancienne salle de projection au plafond effondré.

On se pose sur des chaises bancales et on commande une bière… tiède.
Ici, personne ne s’en offusque. Ce n’est pas un défaut, c’est un manifeste.
On refait le monde avec un artiste capable de parler trois langues dans la même phrase, parfois sans reprendre son souffle. Un concert démarre sans prévenir. La sono grésille, les amplis semblent avoir vécu plusieurs vies, la « foule » applaudit quand même.

On monte encore.
Tout en haut, un « dortoir », matelas fatigués et fenêtres brisées qui laissent entrer l’air froid de Berlin. La ville bruisse au loin. Ici, on ne dort pas vraiment : on veille, on rêve, on crée.

Le bâtiment se dresse dans l’ancien quartier juif de Scheunenviertel, à deux pas de la synagogue.
Autrefois baptisé Friedrichstadtpassagen, il a servi de prison sous le régime nazi avant d’être repris par des artistes qui lui donnent un nom à leur image : « Tacheles », qui signifie « Parler franchement » en yiddish. Un mot rugueux, direct, sans fioritures.


Puis on descend au Zapata.
Un bar sombre et chaleureux, repaire d’artistes, de voyageurs et d’âmes en transit situé au RDC. L’ambiance est enfumée, les murs couverts d’affiches et de souvenirs anonymes. Les chopes de bière y sont généreuses — presque suspectes — et surtout deux fois plus grandes que chez nous. On s’y abreuve consciencieusement et on s’y restaure sans trop poser de questions. De toute façon, ce n’est plus l’heure des interrogations existentielles, mais celle des calories de survie.

L’intermède s’étire jusqu’à une heure avancée de la nuit.
C’est alors que John, une connaissance faite sur place, nous propose de nous héberger. Nous n’avions rien réservé, comptant naïvement sur notre bonne étoile — Berlin, jusque-là, ne nous avait pas déçus.

Tout comme Berlin !!!!
Le Tacheles n’est pas un simple lieu.
C’est une respiration dans une ville qui ne dort jamais.
Un refuge pour les insoumis.
Un manifeste de béton et de peinture.
Berlin sans le Tacheles ne serait plus tout à fait Berlin.

Nous nous retrouvons dans un grand appartement mansardé. Les pièces sont meublées de matelas posés à même le sol. Le décor est plus que rudimentaire, mais l’accueil est chaleureux, sincère, presque fraternel. Ici aussi, on partage plus que des murs.


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