Canal du midi,  Narbonne

Les trois géants de la Robine

Ils étaient trois.

Trois pins parasols dressés au bord du canal de la Robine, à hauteur des Floralis, visibles de loin depuis la route de Gruissan. Pendant des décennies, ils ont accompagné le paysage narbonnais, devenant un repère familier pour les promeneurs, les pêcheurs et les automobilistes.

Leur silhouette caractéristique dominait les berges du canal. Dans ce paysage ouvert tourné vers les étangs, ils semblaient monter la garde, tels trois sentinelles veillant sur la Robine.

Dans les années 1970, selon les souvenirs de nombreux habitants, les arbres servaient régulièrement de refuge aux cigognes lors de leurs passages saisonniers. Les grands oiseaux blancs ajoutaient alors une touche de majesté à un décor déjà remarquable. Cette présence reste à confirmer par des archives ou des photographies anciennes, mais elle demeure ancrée dans la mémoire de nombreux Narbonnais.

À une époque où le canal n’était pas encore aménagé comme aujourd’hui, les trois pins faisaient partie du paysage naturel. On les retrouvait sur des photographies familiales, dans les souvenirs de promenades dominicales et parfois même sous le pinceau de peintres attirés par leur allure singulière.


Les années ont passé. Les tempêtes, le vieillissement naturel des arbres et les transformations successives des berges ont peu à peu changé le décor. L’un disparut, puis un second.


Aujourd’hui, un seul pin subsiste.


Solitaire, marqué par le temps, il demeure le dernier témoin d’un paysage que les nouvelles générations n’ont pas connu. Pour beaucoup, il n’est qu’un arbre. Pour d’autres, il représente un morceau de mémoire locale.

Car certains monuments ne sont ni de pierre ni de briques.

Parfois, ils poussent simplement au bord d’un canal.