
Ban Nam Chiao
Ban Nam Chiao, une parenthèse culturelle entre Trat et Koh Chang
Lorsqu’on évoque Trat, la majorité des voyageurs pensent aux îles du golfe de Thaïlande ou à un passage rapide vers le Cambodge. Pourtant, à seulement une dizaine de kilomètres de la ville, sur la route menant à l’embarcadère principal pour Koh Chang, se trouve Ban Nam Chiao, une petite communauté où bouddhistes et musulmans cohabitent harmonieusement.
Curieux de découvrir cet endroit unique, nous avons décidé d’y passer une nuit avant de rejoindre Koh Chang. J’avais découvert cette communauté via Facebook et appris qu’elle proposait un programme de découverte.
Arrivée à Ban Nam Chiao
Depuis le terminal des bus de Trat, nous avons pris un songthaew (une camionnette blanche faisant office de bus local) pour 22 THB. Il a fallu patienter qu’il se remplisse avant de démarrer, mais pour 140 THB, nous aurions pu partir immédiatement sans attendre. Ne le sachant pas, nous avons attendu… une bonne heure !
Nous avions rendez-vous au Sanctuaire de Zhou Shi Cheng Shui, situé au cœur du village.
Après une vingtaine de minutes de trajet, nous sommes arrivés aux alentours de 9h30 et avons été chaleureusement accueillis par deux jeunes femmes.

Le Sanctuaire de Zhou Shi Cheng Shui met en évidence l’héritage culturel chinois et témoigne de la diversité religieuse de la communauté.

Après ce premier arrêt dans le sanctuaire chinois, nous nous sommes diriger vers l’un des symboles du village. « Le Wat Jai Bridge:
Ce pont arrondi surplombe un canal animé, où se croisent marchands, bateaux de pêche et habitants vaquant à leurs occupations quotidiennes.





Ban Nam Chiao se distingue par la cohabitation harmonieuse entre bouddhistes et musulmans, parfois au sein d’une même famille. Cette diversité culturelle se reflète dans l’architecture, la gastronomie et les traditions locales.

Exploration des mangroves en bateau de pêche en bois
Après une brève rencontre avec plusieurs villageois, tous ravis de voir un couple de farangs (occidentaux) s’intéresser à leur mode de vie, nous embarquons sur un bateau de pêche en compagnie de l’une de nos trois accompagnatrices, du pilote et d’un jeune homme assis à la proue.
La traversée nous mène à travers les mangroves, véritables poumons verts de la région. Ces forêts aquatiques abritent une biodiversité exceptionnelle et jouent un rôle clé dans l’équilibre écologique.




Au fil de la navigation, nous observons :
- Des crabes violonistes, reconnaissables à leur imposante pince rappelant un archet de violon
- Des poissons-archers, capables de projeter un jet d’eau pour capturer leurs proies
- Des oiseaux exotiques et des aigles planant majestueusement au-dessus des eaux
Alors que Koh Chang se dessine à l’horizon, le jeune homme à la proue plonge soudainement et remonte les mains pleines de Hoi Pak Ped, des coquillages à bec de canard. En quelques minutes, il en remplit une bouée et nous invite à faire de même.



Nous découvrons aussi l’une des pratiques ancestrales du village : la pêche aux éponges, transmise de génération en génération.
Il est déjà l’heure du déjeuner, et nous nous attablons au Baan Tewtara Restaurant, où un festin aux saveurs locales nous attend. Réputé pour sa cuisine raffinée, qui mêle subtilement les influences bouddhistes, musulmanes et chinoises, l’établissement nous propose un véritable voyage culinaire.
Nous savourons un Tom Yum Talay, une soupe épicée aux fruits de mer aux notes citronnées, accompagnée de crabes fraîchement pêchés, de crevettes juteuses et de poissons grillés, le tout servi avec du riz parfumé. Un régal pour les papilles, qui met à l’honneur la richesse des produits de la mer.




Retour au village et immersion culturelle
Nous débarquons sur un petit chemin cimenté serpentant à travers les mangroves pour rejoindre le village.
Les lieux de culte emblématiques de Ban Nam Chiao
Nous poursuivons notre exploration à travers les principaux édifices religieux du village :
- Le temple bouddhiste Wat Nam Chiao, orné de fresques colorées
- La mosquée Al Kubaro, centre de la communauté musulmane
- Le sanctuaire chinois Zhou Shi Cheng Shui, gardien des traditions ancestrales. (photos plus haut)



L’artisanat local : les chapeaux de Ban Nam Chiao
Un peu plus loin, une boutique attire notre attention avec sa grande variété de chapeaux et produits de vannerie. Nous découvrons que le village est réputé pour ses « ngop nam chiao », des chapeaux traditionnels en feuilles de palmier atap.

- Modèle « carapace de tortue » pour les riziculteurs, protégeant du soleil tout en évacuant l’eau
- Modèle « crâne » ou « casque militaire », conçu pour les pêcheurs afin de résister au vent
- Modèle « Somdet », chapeau pointu idéal pour les agriculteurs
Nous avons même la possibilité d’apprendre à tresser ces chapeaux sous la guidance des femmes âgées de la communauté.
Hébergement et activités écotouristiques
Nous passons la nuit dans un hébergement chez l’habitant proposé par la communauté. Les logements sont simples mais confortables et offrent une véritable immersion dans la vie locale. Comptez environ 200 THB (6 €) par personne.
À noter : il faut respecter les règles du village, notamment l’interdiction de consommer de l’alcool.
Avant le coucher du soleil, nous empruntons des vélos pour longer les berges du canal et capturer les derniers instants de lumière dorée.
Un dernier matin au service de l’environnement
Le lendemain matin, après un petit-déjeuner copieux composé de galettes de riz et de douceurs locales, nous décidons de consacrer notre temps à une initiative écologique en plantant de jeunes pousses de palétuviers pour aider à préserver les mangroves.
Ban Nam Chiao est un modèle de tourisme responsable, avec une gestion rigoureuse des déchets et une préservation active de son écosystème. Ce travail a d’ailleurs été récompensé par l’Office National du Tourisme de Thaïlande (TAT).
Cap sur Koh Chang
Notre séjour touche à sa fin. Nous rejoignons l’embarcadère où nous prenons un ferry pour Koh Chang, la plus célèbre île de l’archipel.
En quittant Ban Nam Chiao, nous emportons avec nous bien plus que de simples souvenirs : une leçon d’harmonie, un aperçu du savoir-faire artisanal thaïlandais, et la satisfaction d’avoir contribué, même modestement, à la préservation d’un patrimoine naturel et culturel unique.
