"En Vrac"

Murmure d’une ville

Les graffitis ont cette magie particulière : ils transforment un mur, un coin de rue, en galerie à ciel ouvert, en espace de réflexion ou de confrontation. Quelques mots, un dessin, une phrase griffonnée deviennent parfois la fenêtre ouverte sur une pensée, un ressenti, un cri ou simplement un instant de poésie.

Ce jour-là, sur un mur dégradé, une phrase m’arrête :

« Parce que sans folie il ne me reste plus rien. »

Je ne connais ni celui ou celle qui l’a écrite, ni ce qui l’a poussé à la déposer là. Pourtant, ces quelques mots résonnent. Ils ressemblent à une confession abandonnée sur le béton, une vérité jetée au monde sans filtre.

La folie dont il est question n’est peut-être pas celle que l’on soigne ou que l’on redoute. C’est peut-être cette part d’irrationnel qui nous fait sortir du cadre, cette passion qui donne du relief à nos journées, cette envie de vivre un peu plus fort que prévu.

Sans elle, que reste-t-il parfois ? Une existence bien rangée, raisonnable, prévisible… mais peut-être aussi terriblement silencieuse.

Les graffitis sont ainsi les murmures d’une ville. Ils apparaissent là où personne ne les attend et disparaissent parfois avant même qu’on ait eu le temps de les comprendre. Certains décorent un mur. D’autres nous obligent à nous arrêter.

Celui-ci, en quelques mots seulement, m’a fait réfléchir.

« Parce que sans folie il ne me reste plus rien. »

Peut-être que la véritable folie consiste justement à ne pas laisser la vie devenir trop sage.

Mur dégradé du 11e arrondissement de Paris, aux alentours de la rue de la Fontaine-au-Roi.

Neuf ans plus tard…

Septembre 2026

Aujourd’hui, j’ai relu ce texte que j’avais écrit en 2017, à l’époque, j’y voyais une ode à l’intensité, à la passion, à cette part d’irrationnel qui empêche la vie de devenir trop sage.

Neuf ans ont passé.

Et en relisant ces mots aujourd’hui, je me demande si je ne les comprends pas autrement.

La folie, parfois, c’est simplement décider de ne pas s’installer définitivement dans une vie qui ne nous ressemble plus.

Aujourd’hui, Réglisse et moi avons encore envie de reprendre nos sacs et de repartir.

Un appel à la liberté, à la liberté d’esprit et à celle d’être soi. Un nouveau départ, un nouvel objectif : aller encore plus loin.

Une de nos dernières envies : partir vers le nord du Bangladesh et le nord-est de l’Inde, aux confins de la Chine, à la rencontre des peuples autochtones et des cultures de ces régions.

Après tout, j’avais déjà écrit en 2017 :

« Parce que sans folie il ne me reste plus rien. »

Il semblerait que je sois resté fidèle à cette phrase. 🎒


Depuis quelques années, dans des destinations prisées à travers le monde, des graffitis hostiles aux touristes apparaissent sur les murs des centres-villes.

À la croisée de l’expression artistique et de la revendication politique, ces messages traduisent une tension croissante entre les habitants et l’industrie touristique.

Article sur graffitis anti touristes à Barcelone


Luego Existo – Alors J’existe fait partie d’une des phrases que je préfère.
Elle me rappelle une locution latine signifiant « Cogito, ergo sum » – « Je pense, donc je suis« , employée par le philosophe et mathématicien René Descartes, il y eu aussi une variante dans les Méditations métaphysiques : »ego sum, ego existo » – « je suis, j’existe ».
Ou aussi aux stickers « J’EXISTE« , et « JE SUIS PARTOUT«  de Thierry Jaspart qui préfère coller des petits autocollants faciles à ôter.

Decouvrir le Street Art du quartier Gràcia Barcelone