Amadora

Les fresques de l’Avenida Dr. Jorge Sampaio Amadora Lisbonne

Decouverte des fresques de l’avenue du Dr. Jorge Sampaio. À quelques pas du Parque da Pista de Encosta do Sol, l’Avenida Dr. Jorge Sampaio dévoile une galerie à ciel ouvert où le béton se fait support de récits et d’expérimentations graphiques.

Ici, les fresques dialoguent avec l’architecture et le quotidien des habitants, transformant le simple passage en promenade artistique.

Chaque mur invite à ralentir le pas, à observer les détails et à découvrir la diversité des styles qui font aujourd’hui la richesse de l’art urbain d’Amadora.

À travers leurs participations les artistes incarnent cette génération d’artistes portugais qui ont contribué à faire évoluer le graffiti d’une pratique marginale vers une forme reconnue d’expression artistique urbaine. Leur travail témoigne d’une période où les murs de Lisbonne et de l’Amadora deviennent progressivement des supports de narration, mêlant culture populaire, illustration et identité locale.

Rappel : En 2010, Amadora a lancé, avec les Estradas de Portugal et la municipalité, un concours de peinture murale dédié à la bande dessinée dans le sillage du festival Amadora BD. Les artistes participants ont transformé murs et infrastructures routières en immenses planches illustrées, mêlant bande dessinée, graffiti et art monumental.

Implantées notamment le long de l’IC17/CRIL, ces fresques ont profondément marqué le paysage urbain, faisant de l’espace public un lieu de culture accessible à tous. Elles demeurent aujourd’hui un symbole fort de l’identité d’Amadora, où le neuvième art s’inscrit durablement dans la ville et dans la mémoire de ses habitants.


1) Fresque de l’artiste Caver


2) Mural Anamórfico de Odeith – 2010


3) Fresque de l’artiste Mar

Comme dit dans l’article sur les fresques de l’avenue Dr. Mário Soares, peu d’informations sont aujourd’hui disponibles sur le parcours de l’artiste Mar, mais sa participation témoigne de cette génération d’artistes qui a contribué, au début des années 2010, à faire évoluer le graffiti portugais vers des réalisations publiques et institutionnelles.


4) Fresque de l’artiste Vile

Tout comme sur les murs de l’avenue Dr. Mário Soares, Vile (de son vrai nom Rodrigo Miguel Sepúlveda Nunes) a réalisé sur l’avenue Dr. Jorge Sampaio une fresque qui déploie un univers fantastique et inquiétant. Une créature hybride, à mi-chemin entre le reptile et le céphalopode, surgit du mur en brandissant une longue lance, tandis que des tentacules s’entrelacent parmi des crânes et divers objets abandonnés. Le fond bleu lumineux et les coulures jaunes rappellent à la fois l’esthétique du graffiti et celle de la bande dessinée, donnant naissance à une scène dynamique et théâtrale, où l’imaginaire semble jaillir du béton lui-même.

Voir un article sur une Fresque réalisée en 2025 par Vile à Perpignan.


5) Fresque de l’artiste Obey (Shepard Fairey)

Obey représente une autre branche de l’art urbain : moins issue du writing et du lettrage graffiti, davantage héritière du pochoir, du graphisme politique et de l’affiche militante.

Là où Risko ou CreyZ inscrivent une identité dans la rue par la signature et le style, aujourd’hui Shepard Fairey utilise l’espace public comme un immense panneau d’expression visuelle et idéologique.

👉 Découvrez les autres œuvres de Obey à Lisbonne


6) Fresque de l’artiste Chaos


7) Fresque de l’artiste Reis

L’artiste crédité est “Reis”, mais je n’ai pas d’élément fiable permettant d’affirmer que ce Reis est Nuno Reis alias NOMEN


8) Fresque de l’artiste NoMen

NOMEN est le nom d’artiste de Nuno Reis, un street artist portugais connu pour ses interventions urbaines, ses fresques et ses compositions graphiques mêlant souvent typographie, motifs géométriques et références à l’espace public portugais.

Il est considéré comme l’un des pionniers du graffiti portugais. Né à Luanda en 1974 et actif dès la fin des années 1980, il a marqué la scène urbaine par ses lettrages dynamiques, ses portraits et sa capacité à naviguer entre le mur de rue et les galeries, au point de se surnommer lui-même « style swinger ». Son influence est encore très visible au Portugal, où plusieurs fresques et hommages perpétuent sa mémoire après son décès en 2022

📌 Decouvrez la b iographie de NoMen


9) Fresque des l’artistes Ble & Reis

Les artistes crédités sont “Ble” & “Reis”.
Reis, mais je n’ai pas d’élément fiable permettant d’affirmer que ce Reis est Nuno Reis alias NOMEN
Ble est un artiste issu de la scène graffiti portugaise, apparue dans les années 1990 et 2000 autour de Lisbonne et de sa périphérie. Comme beaucoup de « writers » de cette génération, il développe son travail dans l’espace public avant d’être progressivement reconnu dans le cadre de projets institutionnels.


10) Fresque de l’artiste Kreyz

CreyZ (parfois orthographié autrefois Krey-Z) est l’une des figures marquantes du graffiti lisboète. Né à Lisbonne en 1980, il commence à peindre au milieu des années 1990 et se fait rapidement connaître par ses personnages caractéristiques, notamment ses chiens stylisés, ainsi que par la qualité de ses lettrages.

Son parcours illustre bien l’évolution du graffiti portugais, des trains et des murs de la rue vers les galeries et les expositions, tout en restant profondément ancré dans la culture du writing


11) Fresque de l’artiste Mito

12) Fresque de l’artiste Risko

Risko compte parmi les artistes issus de la scène graffiti portugaise qui ont participé à la transformation des murs de la CRIL en galerie à ciel ouvert en 2010. Son intervention s’inscrit dans cette génération de créateurs apparue dans les années 1990, notamment dans la région d’Amadora, qui a contribué à faire évoluer le graffiti des lignes ferroviaires et des grands axes urbains vers une reconnaissance progressive dans l’espace public institutionnel.

Les informations biographiques disponibles sur Risko restent cependant limitées. Comme beaucoup de writers de cette époque, il semble avoir privilégié son pseudonyme artistique, la signature devenant elle-même une forme d’identité et de présence urbaine. Ses lettrages ont marqué le paysage de la Grande Lisbonne dès les années 1990, période où une véritable communauté de graffeurs s’est développée autour d’Amadora.

Aujourd’hui, sa fresque réalisée dans le cadre du projet CRIL constitue l’un des témoignages les plus accessibles de sa participation à cette aventure collective, qui a contribué à inscrire durablement le graffiti portugais dans l’histoire de l’art urbain contemporain.


13) Fresque de l’artiste Pedro Gramaxo

Lorsque j’ai découvert dans une revue que Pedro Gramaxo avait participé, en 2010, à la transformation des murs de la CRIL en galerie à ciel ouvert, j’ai été surpris. Imaginer cet artiste, davantage associé à l’architecture, à l’installation et aux recherches sur l’espace, intervenir dans un projet identifié comme une fresque urbaine semblait presque paradoxal.

Né à Lisbonne en 1989 et formé en architecture, Pedro Gramaxo développe en effet une pratique qui explore les relations entre l’espace, la matière, la mémoire et la perception. Son travail s’intéresse moins à l’image peinte qu’à la manière dont un lieu peut être transformé, ressenti et réinterprété.

À travers la construction, la photographie, la vidéo et l’installation, il explore le dialogue entre le naturel et l’artificiel, entre les structures existantes et de nouveaux contextes artistiques. Ses œuvres questionnent la présence physique des formes, leur rapport au paysage et la manière dont notre perception construit notre expérience d’un lieu.

Sa participation au projet CRIL apparaît ainsi comme un moment particulier dans son parcours : non pas simplement la réalisation d’une fresque murale, mais une rencontre entre plusieurs mondes artistiques. Aux côtés des graffeurs issus de la culture du writing, Pedro Gramaxo apporte une approche plus conceptuelle où le mur devient un support de réflexion sur l’espace, l’échelle et la perception.