Les marques de chaussures s’accaparent-elles le street art ?
Réponse courte : parfois oui… mais pas toujours de la même manière.
Réponse longue : ça dépend qui tient la bombe, et qui tient la caisse.
À l’origine, le street art est un langage libre, souvent illégal, toujours contextuel, né contre les codes commerciaux. Quand une marque de chaussures s’en empare, trois scénarios se dessinent :
L’appropriation opportuniste (la moins élégante)
La marque utilise l’esthétique graffiti comme un simple vernis “urbain” :
- murs factices,
- typographies pseudo-rebelles,
- artistes anonymes ou non crédités.
👉 Ici, le street art devient un décor marketing, vidé de son sens.
C’est le moment où la rue lève un sourcil… et parfois un doigt.

La collaboration encadrée (zone grise)
La marque invite un artiste reconnu, finance un mur, une paire, une campagne.
- l’artiste est payé,
- son nom est visible,
- mais le message est souvent lissé.
👉 Ce n’est plus de la rue brute, mais ce n’est pas encore de la publicité creuse.
Disons : street art sous contrat à durée déterminée.

La rencontre légitime (la plus rare)
Quand l’artiste vient du graffiti, garde sa liberté, et que la marque accepte de ne pas tout contrôler. Là, le street art ne sert pas la marque, il dialogue avec elle.
👉 Dans ce cas, on ne parle pas d’accaparement, mais de circulation culturelle.
La rue entre dans l’objet, sans perdre sa voix.


Et le cas Grems / Kosmopolite ?
Important :
👉 Grems n’est pas une marque de chaussures, c’est un artiste issu du graffiti.
Sa participation au Kosmopolite Festival (Bagnolet, 2014) relève :
- d’une démarche artistique,
- d’un mur réel,
- dans un cadre historique du street art.

S’il collabore ensuite avec des marques, le rapport de force est inversé :
ce n’est pas la marque qui “vole” la rue,
c’est la rue qui impose son ADN.

🧾 Verdict final (tampon officiel, encre noire)
👉 Oui, certaines marques de chaussures s’approprient le street art.
👉 Non, ce n’est pas systématiquement une trahison.
👉 Tout dépend si le street art est utilisé comme une image…
ou respecté comme une culture.

En résumé :
🧱 Quand le mur parle encore, tout va bien.
👟 Quand la chaussure parle à sa place… là, on peut commencer à grincer.

























