Balade à Narbonne, sur les pas de Charles Trenet
Circuit recommandé : sur les pas du « Fou chantant »
Pour partir à la rencontre de Charles Trenet à Narbonne, je vous propose un petit circuit en trois étapes, entre paroles, images et souvenirs.
🎶 1. L’Âme des poètes
Commencez par la fresque murale située près de la Maison des jeunes, non loin de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur. Elle reprend les paroles de « L’Âme des poètes », l’une des chansons emblématiques de Charles Trenet.

Alors, avis aux amateurs : ici, pas besoin de scène, de micro ni de projecteurs. Le mur fait office de prompteur et la rue de salle de spectacle. Il ne reste plus qu’à prendre une grande respiration et à chanter…
« Longtemps, longtemps, longtemps… »
🎨 2. La fresque de Charles Trenet
Poursuivez ensuite jusqu’aux Trois-Ponts, où un immense visage regarde passer les Narbonnais depuis plus de trente ans. Celui de Charles Trenet, le « Fou chantant », enfant de la ville devenu une figure incontournable de la chanson française.

Mais avant de devenir une fresque emblématique de Narbonne, ce mur était celui d’un lieu de vie : le café Continental. Ce bistrot de quartier a longtemps fait partie du décor et de la vie quotidienne avant de disparaître. Sa façade, restée comme une page blanche au cœur du quartier, allait connaître une nouvelle destinée.

À Narbonne, le nom Continental a été porté par deux cafés. Le premier, situé antan à l’angle du cours de la République et de la rue Marcelin Coural, était un rendez-vous incontournable du monde viticole narbonnais, aujourd’hui occupé par le Crédit Lyonnais.
Le second Continental, celui qui nous intéresse ici, se trouvait aux Trois-Ponts. C’est sa façade qui allait connaître une seconde vie, bien des années plus tard, en devenant le support de l’imposant portrait de Charles Trenet réalisé par Gilles Alzina.
En 1994, l’artiste Gilles Alzina réalise sur ce mur monumental une fresque consacrée à Charles Trenet, à partir d’un dessin de Jean Laffitte. Une œuvre devenue au fil des années un véritable repère visuel et un hommage permanent à celui qui a fait chanter Narbonne dans le monde entier.

Mais derrière cette fresque se cache aussi une petite histoire que Gilles Alzina m’a racontée.
Charles Trenet lui-même avait suivi le projet et avait souhaité quelques modifications. Il avait notamment demandé que soient ajoutées des références fortes à Narbonne : les tours de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, celles de Saint-Paul et également la mairie. Ces éléments devaient renforcer le lien entre l’artiste et sa ville natale. Pourtant, ces ajouts ne furent finalement jamais réalisés, laissant la fresque telle que nous la connaissons aujourd’hui.

La réalisation d’une œuvre de cette dimension représentait un véritable défi technique. Gilles Alzina m’a expliqué comment il avait procédé pour respecter au mieux le dessin préparatoire : il avait entièrement quadrillé la façade. Ce vaste quadrillage lui permettait de reporter les proportions, case après case, et de conserver la précision du modèle malgré les dimensions impressionnantes du mur.
Aujourd’hui, le café a disparu, les conversations de comptoir se sont effacées, mais la façade continue de raconter une histoire. Celle d’un quartier, d’un artiste, d’un chanteur et d’une ville qui n’oublie pas ses enfants.
Aux Trois-Ponts, le Continental n’accueille plus les clients autour d’un verre, mais il offre désormais un autre rendez-vous : celui de la mémoire.
🏡 3. La maison natale
Et pour terminer, direction le 13 avenue Charles-Trenet, se trouve sa maison natale, celle où il est né le 18 mai 1913.


Une maison qui n’a rien d’un monument imposant, et c’est peut-être justement ce qui la rend attachante. Pour Trenet, elle était bien davantage qu’une simple maison familiale : elle fut le lieu de son enfance et, selon la Ville de Narbonne, une véritable source d’inspiration pour toute sa carrière.






Après avoir rencontré son visage sur l’immense fresque des Trois-Ponts, on peut donc pousser la porte et retrouver Charles Trenet autrement : non plus le chanteur célèbre, mais l’enfant de Narbonne, celui qui allait plus tard transformer ses souvenirs d’enfance et sa ville natale en chansons.
Alors, si vous avez encore « Y’a d’la joie » dans les jambes, direction l’avenue Charles-Trenet… le « Fou chantant » n’est vraiment pas loin !

À Narbonne, Charles Trenet semble donc avoir laissé sa musique un peu partout : sur les murs, dans sa maison natale et, surtout, dans la mémoire de ceux qui continuent de fredonner ses chansons.















