De Belém à Alto da Ajuda : une traversée impériale et artistique à Lisbonne
Lisbonne a ce talent rare : celui de faire dialoguer les siècles en quelques kilomètres de marche. Il suffit parfois de suivre le fil du Tage, puis de grimper doucement vers les collines, pour passer des caravelles aux fresques géantes, des palais aux murs peints.
C’est exactement ce que nous avons fait ce jour-là, en partant de Belém pour rejoindre les hauteurs d’Ajuda, là où le street-art a élu domicile.
Belém, là où Lisbonne regarde l’océan
Notre journée commence dans le quartier le plus majestueux de Lisbonne.
Belém, c’est la ville dans sa version impériale : larges avenues, façades solennelles, jardins soignés et monuments monumentaux.
Ici, le Tage ressemble à une mer intérieure. On comprend pourquoi les navigateurs portugais partaient d’ici à la conquête du monde.
Le MAAT, une vague de céramique au bord du Tage
Première escale contemporaine : le Musée d’Art, Architecture et Technologie.
Posé sur les rives du fleuve comme une immense vague blanche, le MAAT semble tout droit sorti d’un film de science-fiction. On marche sur son toit, on contemple le pont du 25 Avril, on observe les reflets du soleil sur les azulejos modernes. Lisbonne sait être audacieuse, et elle le prouve ici avec élégance.
Juste à côté, changement radical d’ambiance.
Le Musée de l’Électricité, cathédrale industrielle
Ancienne centrale électrique reconvertie en musée, le bâtiment impressionne par ses volumes. Turbines, chaudières, générateurs : tout est resté en place.
C’est un musée qui se visite comme on explore une usine abandonnée, avec cette atmosphère particulière des grandes machines qui ont façonné la ville moderne.
Une cathédrale de brique et d’acier, dédiée à l’énergie.
Le Musée National des Carrosses, fastes royaux sur roues
Retour à l’époque des rois et des ambassadeurs.
Le Musée National des Carrosses abrite une collection unique au monde. Des carrosses baroques, chargés d’or, de sculptures, de symboles, qui racontent à eux seuls le faste de la cour portugaise.
On imagine les cortèges, les cérémonies, les chevaux caparaçonnés et les foules alignées le long des rues.
Le cloître des Hiéronymites, chef-d’œuvre manuélin
Juste en face, le Mosteiro dos Jerónimos déploie l’un des plus beaux cloîtres d’Europe.
La pierre est travaillée comme de la dentelle. Chaque colonne, chaque arc, chaque détail semble raconter l’âge d’or portugais. Le temps ralentit ici. On marche doucement, presque en silence, pour mieux savourer la lumière qui glisse dans les galeries.
Le Jardin Botanique Tropical, parenthèse exotique
Derrière le monastère, on change de continent sans quitter Lisbonne.
Le Jardin Botanique Tropical est une enclave luxuriante, peuplée de palmiers, de bambous et de plantes venues des anciennes colonies portugaises. Une respiration verte, parfaite pour s’échapper quelques instants de la pierre et du soleil.
Un regard vers la Torre Paroquial
Avant l’ascension, un dernier coup d’œil à la Torre Paroquial. Lisbonne se contemple toujours mieux depuis ses hauteurs, et ce clocher annonce déjà la montée vers Ajuda.
Le Palais National d’Ajuda, grandeur royale sur les hauteurs
La colline se mérite. Les jambes chauffent, mais la récompense est au sommet.
Le Palais National d’Ajuda domine la ville. Ancienne résidence royale, il impressionne par sa monumentalité et la solennité de ses salles. Escaliers d’honneur, salons diplomatiques, salles du trône : ici, le protocole était roi.
Depuis les jardins, la vue s’ouvre sur le Tage et les toits de Lisbonne.
Le bairro d’Alto da Ajuda, galerie à ciel ouvert
Et puis soudain, changement d’époque.
On quitte les palais pour les immeubles.
On quitte les dorures pour les bombes de peinture.
On quitte les rois pour les artistes.
Dans le bairro d’Alto da Ajuda, quelques fresques monumentales recouvrent les façades. Elles ne sont pas nombreuses, mais elles sont gigantesques. Des œuvres visibles de loin, qui transforment ce quartier populaire en galerie à ciel ouvert.
Un final parfait pour une journée qui aura traversé Lisbonne de ses fastes impériaux à sa création urbaine contemporaine.
Une journée, plusieurs siècles
Ce parcours, c’est un condensé de Lisbonne :
- L’empire et les grandes découvertes à Belém
- L’industrie et la modernité au Musée de l’Électricité
- La royauté au Palais d’Ajuda
- Et la création urbaine dans les rues du bairro
Une traversée complète de la ville, du Tage aux collines.










