Marvila, le quartier insolite de Lisbonne dédié à l’art urbain
Pendant que les filles s’éclipsent vers le centre Colombo, je décide de m’offrir ma propre expédition visuelle dans le quartier de Marvila, véritable musée à ciel ouvert. Ancienne zone industrielle coincée entre le centre de Lisbonne et le quartier de l’Oriente, Marvila s’est métamorphosée en l’un des hauts lieux du street-art portugais.
Le quartier est un patchwork fascinant : zones industrielles désaffectées, friches, entrepôts reconvertis, immeubles sociaux et petites résidences, chacun portant sa propre identité. Malgré cette diversité, le lieu reste facilement lisible sur la carte, avec le Tage comme fil conducteur et les anciens sites industriels réhabilités en toiles monumentales.
Ici, les silhouettes des silos et des hangars servent de supports à des fresques spectaculaires, œuvres d’artistes venus des quatre coins du monde. Le quartier, encore relativement discret, se prête à une flânerie tranquille, appareil photo en bandoulière, à la découverte de ce théâtre urbain où chaque mur raconte une histoire.
Au détour des rues, on tombe sur des géants de brique et de mémoire. L’ancienne Sociedade Comercial Abel Pereira da Fonseca en est un exemple frappant : autrefois empire du vin et des alcools, véritable cathédrale industrielle où s’alignaient tonneaux et bouteilles, elle a gardé sa silhouette massive, presque théâtrale, aujourd’hui réinvestie par des espaces culturels et créatifs. On y sent encore, en filigrane, l’odeur imaginaire du bois et du vin mêlée à celle de la peinture fraîche.

Un peu plus loin, changement d’atmosphère avec la Fábrica de Braço de Prata, ancienne usine d’armements. Longtemps dédiée à la production militaire, fermée sur elle-même comme une forteresse, elle s’est ouverte au monde contemporain en devenant un lieu culturel hybride. Concerts, expositions, débats, soirées atypiques… les anciennes machines ont laissé place aux voix et aux idées, mais le béton conserve encore une certaine gravité, comme un souvenir de métal sous la peau.










Et entre ces deux pôles, Marvila continue de se réinventer. D’anciens entrepôts deviennent ateliers d’artistes, des friches se transforment en galeries improvisées, et des projets contemporains s’installent dans les volumes industriels. On croise aussi des espaces comme des micro-brasseries artisanales, des studios de création, ou encore des lieux hybrides où se mêlent design, musique et gastronomie.



Dans cette mémoire urbaine en strates, certains noms résonnent encore comme des échos d’une Lisbonne productrice et laborieuse. L’ancienne Sociedade Nacional de Sabões, dédiée à la fabrication du savon, rappelle une époque où l’odeur des matières premières et des procédés industriels rythmait la vie du quartier. Un peu plus loin dans cette cartographie industrielle, la Companhia Portuguesa de Fósforos, spécialisée dans les allumettes, témoigne elle aussi de ce tissu manufacturier dense, presque minutieux, où Marvila fabriquait autant les gestes du quotidien que les objets eux-mêmes.
















Aujourd’hui, ces anciennes usines ne se lisent plus seulement comme des vestiges, mais comme des volumes réinterprétés. Certaines structures ont été absorbées par les nouveaux usages culturels, d’autres subsistent comme des silhouettes brutes, posées entre passé industriel et création contemporaine. Et c’est précisément dans ce frottement que Marvila garde son énergie singulière : une sorte de mécanique ancienne qui aurait appris à rêver en couleurs.

Parmi les merveilles à ne pas manquer, certaines fresques impressionnantes ont été réalisées lors de l’événement MURO LX_2017, qui a donné un souffle nouveau à ces murs chargés d’histoire.
Parmi les merveilles à ne pas manquer, certaines fresques impressionnantes ont été réalisées lors de l’événement MURO LX_2017, qui a donné un souffle nouveau à ces murs chargés d’histoire.
À cette occasion, Marvila s’est transformé en laboratoire grandeur nature du street-art lisboète. Des artistes portugais et internationaux ont investi les façades comme on investit une scène de théâtre : avec audace, couleurs franches et une envie presque joyeuse de bousculer les anciennes structures. Les anciens entrepôts, parfois fissurés par le temps, sont devenus des supports monumentaux où s’entrelacent portraits géants, formes abstraites et clins d’œil à la mémoire industrielle du quartier.
Certaines œuvres semblent dialoguer avec le passé : des visages surgissent des briques comme s’ils avaient toujours été là, des silhouettes industrielles se dissolvent dans des explosions de pigments, et parfois, un simple motif suffit à réveiller toute la puissance silencieuse du lieu. On ne sait plus très bien si l’on regarde une fresque ou si c’est le mur qui continue de raconter sa propre histoire.
Ce festival a laissé une empreinte durable. Même après l’événement, les œuvres continuent de vivre avec le quartier, patinées par la lumière du Tage et les évolutions urbaines. Rien n’est figé ici : certaines fresques s’effacent lentement, d’autres sont recouvertes, d’autres encore survivent comme des phares colorés dans la trame industrielle.
Et c’est peut-être là que Marvila est le plus fascinant : dans cette sensation que l’art n’y est pas seulement exposé, mais qu’il respire avec les bâtiments, qu’il s’infiltre dans les fissures du béton, et qu’il transforme chaque rue en palimpseste vivant, toujours en train de se réécrire.
Itinéraire street‑art à pied – Marvila.
Mon exploration continue juste à côté de la gare de Marvila (train CP), porte d’entrée idéale pour pénétrer dans ce quartier en pleine effervescence artistique. Dès les premiers pas, les murs racontent déjà leur histoire : graffitis colorés sur les façades des immeubles, anciens entrepôts dont les silos servent de gigantesques toiles, et tags minutieux qui s’entrelacent comme des calligraphies urbaines.Ici, le décor change presque à chaque angle. Une ancienne porte métallique devient un visage, un mur aveugle se transforme en manifeste graphique, et les structures industrielles semblent avoir accepté leur nouvelle vie de supports à imagination débordante. On sent que rien n’est laissé au hasard, mais que tout semble pourtant spontané, comme si le quartier lui-même avait pris le pinceau.
(1) Fresque de LS sur les murs de la gare.
LS est le nom de scène de Luís Santos, un artiste visuel portugais né en 1985 et originaire du quartier de Marvila — un lieu où les lignes de train et le graffiti ont nourri sa créativité dès l’enfance.


La cité alentour, typique des zones résidentielles ouvrières de Lisbonne, offre un contraste fascinant avec l’explosion de créativité des murs : les immeubles gris, légèrement décrépis, se métamorphosent sous le pinceau des artistes en véritables tableaux à ciel ouvert. Flâner dans ces ruelles, c’est sentir le quartier respirer, entendre le froissement des gravats et le cliquetis des rails, tout en admirant un spectacle visuel à chaque coin de rue.



C’est ici, au cœur de cette cité à la fois industrielle et vivante, que Marvila révèle sa première âme : celle d’un quartier en mutation, où le passé industriel dialogue avec le street-art contemporain.
Les fresques incontournables Bairro Marvila.
(2) Zesar Bahamonte
Zësar Bahamonte est un artiste muraliste espagnol originaire de la périphérie de Séville. Depuis ses débuts dans le graffiti adolescent, il a développé un univers poétique où la couleur et la forme racontent des histoires de vie, d’affection et d’amitié. Ses personnages, souvent simples mais profondément expressifs, investissent les murs des villes et des festivals d’Europe et d’Amérique latine — d’Amsterdam à Lisbonne, de Buenos Aires à São Paulo — offrant au public une rencontre intimiste avec l’art urbain. Chaque mur devient ainsi un petit théâtre de la vie quotidienne, où l’émotion se mêle à l’esthétique.

Adresse : Rua João José Cochofel, Lote C1, Bairro dos Alfinetes, Marvila
(3) Fresques à l’intérieur des murs « Quinta das Salgadas« .
À l’intérieur des murs du Quinta das Salgadas, le street-art ne se contente pas de décorer : il redessine le quartier. Ici, la réhabilitation urbaine a choisi la couleur comme outil et le mur comme manifeste. Le mouvement s’est ensuite étendu vers , aujourd’hui véritable galerie à ciel ouvert de l’est lisboète.
Parmi les figures majeures, le collectif ARM Collective, né en 2005, réunit Miguel Caeiro alias RAM et Gonçalo Ribeiro alias MAR.
RAM privilégie un graffiti libre, presque organique – MAR développe un vocabulaire plus figuratif, structuré.
Present aussi, Rafael Fernandez, mieux connu sous le nom d’artiste FLIX, né en 1976 à Caracas, capitale du Venezuela. Très jeune il s’est tourné vers l’art urbain, transformant objets, murs et espaces publics par une explosion de formes géométriques et de couleurs vibrantes inspirées, entre autres, par des motifs aztèques et une palette évoquant souvent son pays d’origine.
🐓 Le Coq
📍 601 R. Pedro Homem de Melo, Marvila
Sur un fond de motifs triangulaires bleus et verts, un coq surgit côté droit et affirme sa présence. Territorial, fier, presque héraldique.
Dans le passage, des personnages stylisés apparaissent — certains musiciens, silhouettes rythmées comme une fanfare silencieuse. La composition joue sur la répétition géométrique et l’éclat chromatique : une signature ARM reconnaissable au premier regard. L’oeuvre est signée FLIX



🎨 Art ForTwo
Ici, le concept est architectural : deux blocs de logements se font face et dialoguent à distance.

Premier bloc :
Un jaune canari éclatant — difficile de faire plus lisboète. Sur cette surface solaire se déploie un tissage végétal stylisé. Entre les lignes, émergent des visages aux nez singuliers, presque totémiques. On hésite entre masque tribal et créature onirique.



Second bloc :
Changement d’atmosphère. La palette se densifie, la scène devient forêt mystérieuse. Des formes cristallines — semblables à des diamants — semblent diffuser une lumière interne. L’ensemble évoque une nature fantasmée, entre conte et abstraction.


Autres fresques du Bairro Quinta das Lágrimas.




Le secteur regorge d’interventions
À Quinta das Lágrimas, le mur est devenu un support d’identité.
Ici, le béton ne grise plus : il dialogue.
(4) Godmess – Fresque « Família »
Godmess (Tiago Carvalho) est un artiste urbain portugais originaire de Porto, actif sur la scène street‑art locale et internationale. Son travail mêle illustration, peinture murale, design graphique et art public, avec une attention particulière aux figures humaines et aux récits visuels dans l’espace urbain. Il est notamment connu pour le mural “Aguadeiras” à Porto, hommage aux porteuses d’eau historiques, ainsi que pour ses projets muraux célébrant des liens culturels, comme celui réalisé à Bordeaux à l’invitation du Consulat‑Général de Portugal.


Adresse : Rua João José Cochofel, Lote F5, Marvila
(5) Miguel Brum
Miguel Brum est un artiste portugais dont l’univers puise dans la culture hip‑hop, le punk et l’esthétique du tatouage. Depuis ses débuts dans l’art urbain, il développe un style nerveux et expressif, où chaque trait et chaque couleur traduisent l’énergie et le rythme de la vie citadine. Ses œuvres, à la fois audacieuses et profondément ancrées dans un imaginaire latin, investissent les murs portugais et internationaux, offrant au public une expérience visuelle vibrante et pleine de caractère.

Adresse : Rua Alberto José Pessoa, Lote G3, Marvila
Avant 2020
(6) Collectif Licuado
Licuado est un collectif d’art urbain uruguayen fondé par les artistes Ana Laura Rodríguez et Juan Pablo Rodriguez. Originaire de Montevideo, ce duo explore l’espace public à travers des compositions murales où se mêlent abstractions, formes organiques et couleurs vibrantes, créant des univers visuels dynamiques qui questionnent la perception et l’interaction avec l’environnement urbain. Leur travail s’inscrit dans une démarche contemporaine qui valorise l’expression artistique collective et l’impact visuel dans les rues d’Amérique latine et d’ailleurs.

Apres 2021
Luís Santos, alias LS
LS est né et a grandi à Marvila. Dès son plus jeune âge, il nourrissait une grande passion pour l’art et consacrait d’innombrables heures à la création de motifs élaborés et de personnages fantastiques.

azulejos portugais
Adresse : 7 R. Alberto José Pessoa, Marvila – Lisbonne.
(7) Alecrim
Alecrim, artiste portugais, crée des univers composés d’éléments, de motifs et de formes. Son esthétique, résolument universelle, invite chacun à laisser libre cours à son imagination.

(8) Eduardo Kobra
Eduardo Kobra, né à São Paulo en 1975, est l’un des street‑artists brésiliens les plus célèbres au monde. Ses fresques monumentales, mêlant photoréalisme et motifs géométriques colorés, transforment les murs urbains en spectacles visuels. Ses œuvres, souvent dédiées à des figures historiques ou à des causes sociales, se déploient sur cinq continents, avec des pièces emblématiques comme Etnias, réalisée pour les Jeux olympiques de Rio en 2016, et O Beijo à New York. Chaque mur signé Kobra devient ainsi une rencontre entre art et espace public, vibrante et accessible à tous.

Adresse : Rua Alberto José Pessoa, Lote G7, Marvila.
(9) Kruella D’Enfer
Kruella D’Enfer est une artiste portugaise qui transforme murs et toiles en univers fantastiques peuplés de créatures et de symboles poétiques. Cette murale déploie un bouquet de fleurs colorées inspiré des motifs ibéro‑américains sur un fond bleu profond, évoquant un ciel étoilé : une véritable offrande visuelle à la ville. Par son traitement poétique et onirique des formes et des couleurs, l’œuvre incarne l’esthétique unique de l’artiste, mêlant symbolisme culturel et émotion urbaine

Adresse : Rua Alberto José Pessoa, Marvila.
(10) Steep.
Steep est un artiste équatorien dont le travail rend hommage à la biodiversité amazonienne. Ses fresques déploient des créatures exubérantes et des atmosphères luxuriantes, capturant la richesse de la forêt tropicale. L’une de ses œuvres dans le quartier figure parmi les fresques les plus spectaculaires, offrant au public une immersion visuelle au cœur de l’Amazonie urbaine.

Adresse : Rua Alberto José Pessoa, Lote G14, Marvila.
(11) Marvila Unida

(12) The Caver
The Caver est un illustrateur et tatoueur lisboète dont le travail explore des thèmes universels avec humour et sensibilité. Dans une fresque commandée par la bière Super Bock, il célèbre l’amitié authentique, transformant le mur en un hommage vivant aux liens humains et à la convivialité.

Adresse : Rua Alberto José Pessoa, Lote D5, Bairro Marquês de Abrantes e Alfinetes, Marvila
(13) Artiste inconnu – Havera Futuro
Sous un porche un enfant baisse les yeux et semble porter le poids du monde sur ses épaules. Au-dessus de lui, une question simple et vertigineuse : “Haverá futuro ?” — Y aura-t-il un futur ?
La fresque, signée #chateado, joue sur une palette chaude et sombre qui accentue l’intensité du regard et la gravité du message. J’ignore l’identité de l’artiste, mais l’émotion, elle, est parfaitement identifiable : une inquiétude silencieuse, presque universelle. À Lisbonne comme ailleurs, l’art urbain sait parfois poser les questions que l’on préfère éviter.

(14) Guilherme Kramer
Guilherme Kramer est un artiste brésilien originaire de São Paulo. Son travail de street-art explore les visages, les foules et les paysages urbains, qu’il traduit à travers de grands muraux, dessins et peintures inspirés par ses expériences quotidiennes dans la ville. Il a exposé au Brésil et à l’international, notamment à Lisbonne, Barcelone, Paris et Hong Kong.


Adresse : Impasse à Rua José do Patrocínio, Lote 4, Bairro Quinta du Chalé, Marvila.
(15) Hazul
Hazul est un street-artiste portugais originaire de Porto. Actif depuis la fin des années 1990, il développe un univers graphique singulier mêlant formes géométriques, symboles organiques et compositions abstraites. Son travail, à la fois poétique et architectural, s’inscrit durablement dans le paysage urbain portugais et au-delà. Influencé par le cubisme et le surréalisme, Hazul joue avec les lignes droites et courbes dans une composition dominée par le bleu.

Adresse : Impasse à Rua José do Patrocínio, Lote 1, Bairro Quinta do Chalé, Marvila
(16) LS – « O Respeito Entre Povos »
Sur cette fresque LS livre un message fort contre les discriminations religieuses et raciales, incarné par un visage féminin éclatant de couleurs.

Adresse : Bairro Quinta do Chalé – Impasse à Rua José do Patrocínio, Lote 2, Marvila
(17) Jhon Douglas
Artiste brésilien installé au Portugal, Jhon Douglas puise son inspiration dans la nature et la simplicité. Son œuvre, plus discrète, dégage une grande douceur et un profond attachement à l’authenticité.

Adresse : Bairro Quinta do Chalé, Marvila
(18) Gleo
Gleo est une artiste de street-art colombienne, née à Cali. Elle s’est fait connaître pour ses peintures murales vibrantes et colorées qui mêlent figures mystiques, visages humains et motifs inspirés des cultures ancestrales d’Amérique latine. Son travail, empreint de symbolisme et de poésie, se déploie sur de grands murs dans de nombreuses villes à travers le monde

Adresse : Impasse à Rua José do Patrocínio, Lote 4, Bairro Quinta do Chalé, Marvila
(19) Medianeras
Medianeras (terme espagnol désignant les murs latéraux partagés entre voisins) est un duo d’artistes argentines, Vanesa Galdeano et Analí Chanquía. Basées à Barcelone, elles transforment les murs urbains en portraits et compositions qui réinventent l’espace public. Elles ont réalisé des œuvres dans de nombreuses villes d’Europe, d’Amérique et d’Asie, et sont reconnues dans la scène internationale du street-art

Adresse : Impasse à Rua José do Patrocínio, Lote 5, Marvila
(20) Cix
Cix, de son vrai nom Antonio Triana, est un street‑artist muraliste mexicain originaire d’Oaxaca, profondément influencé par les cultures préhispaniques de ses ancêtres zapotèques et chinantèques. Il a commencé le graffiti à l’âge de 14 ans et a développé un style unique souvent qualifié d’Arte Prehispánico Pop Psychédélico : explosion de couleurs flamboyantes, motifs mystiques et figures inspirées des mythologies ancestrales, réinterprétées avec une énergie contemporaine. Son travail, visible au Mexique et dans de nombreux pays d’Europe et d’Amérique, mêle symbolisme ancestral, iconographie futuriste et palettes fluorescentes qui font de chaque mur une expérience visuelle immersive.

Adresse : Rua Alberto José Pessoa, Bairro Marquês de Abrantes e Alfinetes, Marvila
(21) Mickey Mouse

(22) Autre fresque de Flix

(23) Okuda San Miguel
Okuda San Miguel, artiste espagnol né en 1980 à Santander, transforme les murs du monde entier en véritables explosions de couleurs et de formes géométriques. Ses fresques mêlent pop-art, surréalisme et figures squelettiques ou animales, créant un univers à la fois joyeux et philosophique. Chaque œuvre est une invitation à observer la dualité de la vie, entre nature et société, rêve et réalité, le tout avec un style immédiatement reconnaissable et résolument vibrant.



Adresse : R. Marvila, 1950-200 Lisboa
A proximité une oeuvre de Bordalo II
🐼 Panda Pneus
📌 R. Salgueiro Maia, Lisboa
Sculpture monumentale – Cette fois-ci, il a choisi d’assembler plus de 1000 pneuset de réaliser un Panda
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3 km plus loin ….
Le dragon de huit étages de Fredy Klit
Il surgit littéralement du béton et domine tout le quartier. Sa silhouette serpente le long de la façade comme s’il venait tout juste d’atterrir là, entre deux barres d’immeubles. Avec ses écailles vibrantes et son regard presque incandescent, il donne à ce nord lisboète un discret parfum d’Asie. On s’attend presque à voir passer un cerf-volant dans le ciel.
Visible de très loin, le monstre urbain s’impose par sa hauteur vertigineuse. Huit étages. Rien que ça.
Derrière cette prouesse visuelle se cache une véritable performance physique : l’artiste Fredy Klit a travaillé suspendu au bout d’un bras métallique pour peindre son dragon, évoluant dans le vide à plusieurs dizaines de mètres du sol. Imaginer le geste, précis, maîtrisé, alors que la nacelle oscille légèrement… cela ajoute encore à la puissance de l’œuvre.
Le résultat est spectaculaire. Le bâtiment n’est plus un simple immeuble : il est devenu un véritable totem.
Localisation : R. Norte Júnior, Lisbonne (Portugal)
Artiste : Fredy Klit
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À quelques mètres du dragon, changement d’ambiance mais pas d’énergie.
Le Campo de Basquetebol do Bairro dos Lóios, surnommé « Chicago » par les habitants, est un terrain de basket de quartier, brut et vivant. Ici, pas de gradins sophistiqués ni de parquet ciré : un playground à ciel ouvert, encerclé d’immeubles, où le bitume résonne du rebond sec du ballon et des appels criés en portugais.
C’est un de ces lieux simples qui font battre le cœur d’un quartier. Les après-midis s’y étirent en un contre un improvisés, en tournois spontanés, en discussions accoudées au grillage. Sous l’ombre du dragon géant, le terrain devient presque une scène urbaine — Chicago version lisboète, où l’on joue plus pour l’honneur que pour la gloire.






















