City Breaks Portugal,  Setúbal

Apothéose à Setúbal

Après 3 jours en city break à Lisbonne on gardé le meilleur pour la fin : Setúbal
Départ tôt le matin, une heure de route à peine, et déjà le paysage change. Lisbonne s’éloigne derrière les collines, et la route file vers le sud, vers le Sado, vers une ville qui ne cherche pas à séduire mais qui finit par marquer.

Setúbal n’est pas encore un décor “à la mode”. C’est une ville de travail, de port, de lumière franche. Et c’est justement ce qui la rend captivante.

Première halte dans une atmosphère suspendue : le Palácio da Comenda.

Le lieu n’est pas aménagé ni valorisé. Il se découvre dans un état intermédiaire, entre abandon et élégance persistante. Le bâtiment surplombe l’Atlantique. Jadis fastueux, aujourd’hui éventré. Mais quel charme ! Mosaïques brisées, escaliers fantômes, colonnes ouvertes au vent, et un silence quasi sacré.


Le lieu parle encore. Urbex d’exception.
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Après la découverte del palacio, notre prochain arrêt « la plage des pauvres » (« praia dos pobres »). Nommée ainsi non pas de façon péjorative, mais parce qu’elle est la plus accessible aux habitants de Setúbal, contrairement aux plages plus éloignées de l’Arrábida ou de Tróia.

L’endroit est très local. Une plage simple, utilisée au quotidien, sans mise en scène touristique. On y vient pour se baigner, discuter, attendre la fin de journée. En face, le Sado s’ouvre large, calme, presque indifférent au passage du temps.


Avant de rejoindre la ville de Setúbal un détour vers le Fort et la chapelle de São Filipe s’impose dominant fièrement la ville depuis les hauteurs de la Serra da Arrábida, le Fort de São Filipe offre l’un des plus beaux panoramas de la région. Depuis ses remparts, le regard embrasse l’estuaire du Sado, la péninsule de Tróia et les toits de la vieille ville. Construite à la fin du XVIᵉ siècle pour défendre l’entrée du port, cette imposante forteresse accueille une pousada et reste un lieu incontournable pour les visiteurs en quête d’histoire et de paysages spectaculaires.

La petite chapelle décorée d’azulejos mérite également un détour avant de profiter du calme qui règne sur ce promontoire chargé de mémoire.

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Le site se vit dans le silence du vent. On y reste plus longtemps que prévu, simplement pour regarder la ville et le fleuve changer de couleur au fil de la lumière.

Depuis les hauteurs de São Filipe, Setúbal semble presque calme.
La ville s’étale entre l’estuaire et les premiers reliefs de l’Arrábida. On distingue les quais, les lignes du port, les toits serrés du centre, et cette présence permanente du Sado qui organise tout sans jamais s’imposer.

Puis la descente commence.
La route quitte le fort, glisse à travers les pentes, et la perspective change. On passe du panorama à l’immersion. Les murs se rapprochent, les rues apparaissent, les sons reviennent. Le silence des hauteurs laisse place à une autre densité.

Et soudain, Setúbal.
Une ville de port avant d’être une carte postale. Les quais prolongent naturellement ce que l’on a vu plus haut : les ferries vers Tróia, les bateaux de pêche, les zones industrielles qui rappellent que tout ici tourne autour de l’eau. Rien n’est décoré, tout est fonctionnel, vivant.

Setúbal est encore très éloignée des circuits touristiques classiques.

L’Avenida Luísa Todi devient alors l’axe naturel de la découverte. Une colonne vertébrale animée où se mélangent cafés, circulation douce et vie quotidienne. On comprend rapidement que Setúbal ne se visite pas, elle se traverse.

Plus loin, le centre historique garde une autre respiration. Les rues se resserrent, les façades se colorent, et l’ambiance change sans rupture. On passe du port à la ville, de l’activité au quotidien, presque sans s’en rendre compte.
Et partout, en arrière-plan, le Sado reste présent. Invisible parfois, mais jamais absent.

Le repas suit la même logique : poisson grillé, fraîcheur du jour, service sans détour. Ici, la mer n’est pas un décor, elle est un approvisionnement quotidien. On mange ce qui est arrivé le matin.

En parcourant Setúbal, une question finit par s’imposer naturellement : et si l’on vivait ici ?
La réponse semble se dessiner à chaque coin de rue. Entre l’immense estuaire du Sado, les reliefs verdoyants de l’Arrábida qui dominent l’horizon et cette douceur de vivre omniprésente, la ville possède un équilibre rare.
Rien ne paraît excessif. Setúbal n’a pas l’agitation de Lisbonne, située à moins d’une heure de route, mais elle offre tout ce qui rend le quotidien agréable : un centre-ville vivant, des commerces, des marchés, des écoles, des services et surtout un accès permanent à la nature.
Le matin, il suffit de quelques minutes pour rejoindre les quais du Sado. Le soir, les plages de l’Arrábida et leurs eaux turquoise semblent appartenir au décor quotidien des habitants. Peu de villes peuvent se vanter d’offrir un tel contraste entre activité urbaine et paysages préservés.
Peut-être est-ce cela, finalement, le véritable secret de Setúbal. On vient y chercher un port, une montagne, quelques ferries ou un marché réputé. Puis l’on découvre une ville où l’on s’imagine facilement rester bien plus longtemps que prévu.


Plus loin, sur la zone de Beira-Rio, le paysage industriel du Sado prend le relais.

​Un premier ferry le Mira Praia, abandonné dans la zone de Beira-Rio, près de la rive de l’estuaire du Sado, il n’est pas encore un objet d’exploration identifié, ni un “spot”. C’est un navire retiré du service, posé dans un espace technique, en marge du mouvement du fleuve.
Plus loin sur les rives de la Mitrena trois autre ferry le « Mar e Sol » – l’ « Expresso » – le « Recordação » retirés du service et laissé à l’abandon.

​👉 Voyage au cœur de la mémoire maritime de Setúbal, à travers le destin des ferrys aujourd’hui immobiles


Le fleuve s’ouvre ensuite sur un autre monde.

La Reserva Natural do Estuário do Sado est un espace de transition entre ville et nature. On y entre comme dans une zone plus lente, presque suspendue.

Les oiseaux y dessinent des trajectoires fines, et l’eau devient un miroir large. Et puis, présence discrète mais marquante : les dauphins du Sado, habitants réguliers de cet estuaire, qui donnent au lieu une dimension presque irréelle….

👉 Découvrez la réserve naturelle de l’estuaire du Sado


🌅 Épilogue

Setúbal n’est pas encore un objet touristique structuré. C’est une ville de passage et de contrastes : entre industrie et nature, entre port et plage, entre activité et abandon.

Ce qui frappe, ce n’est pas ce qui est montré, mais ce qui coexiste sans être mis en scène. Et c’est peut-être là que réside son souvenir le plus durable : dans cette impression d’un territoire encore en train de se raconter, sans savoir qu’il sera un jour raconté.