4eme jour en Croatie
Après une bonne nuit de sommeil, nous reprenons la route en direction de Šibenik. Une nouvelle journée nous attend, toujours le long de cette fabuleuse route Adriatique qui semble ne jamais lasser.
À chaque virage, les îles surgissent à l’horizon, les villages de pierre s’accrochent au littoral et la mer prend des nuances de bleu différentes selon la lumière.
Notre premier arrêt est le belvédère Scenic View, qui domine la péninsule de Primošten.
Le panorama est saisissant.
La vieille ville, construite sur une ancienne île aujourd’hui reliée au continent, semble flotter sur une mer d’un bleu profond. Les toits de tuiles rouges contrastent avec les eaux cristallines de l’Adriatique. Nous restons quelques instants à contempler ce paysage qui résume à lui seul toute la beauté de la côte dalmate.
Mais en contrebas, une autre silhouette attire notre regard.
Avec Théo, notre instinct d’explorateurs reprend immédiatement le dessus.
Pendant que Cricri et Ma Réglisse poursuivent tranquillement vers le petit port de Primošten, nous bifurquons vers un immense bâtiment abandonné : le Marina Lučica Hotel.
Construit dans les années 1970, cet hôtel domine toujours une petite crique cachée. Les chambres ouvertes sur la mer offrent encore une vue exceptionnelle, mais le luxe d’autrefois a laissé place au silence. Les couloirs vides résonnent sous nos pas, les fenêtres éventrées laissent entrer le vent marin et la végétation commence doucement à reconquérir les terrasses.
L’un des privilèges de ce lieu reste sans doute sa petite plage. Nichée au pied de l’hôtel, presque inaccessible aux visiteurs ordinaires, elle semble appartenir uniquement au bâtiment abandonné. Pendant quelques minutes, nous profitons seuls de ce petit coin de côte, bercés par le bruit des vagues.
Une fois notre exploration terminée, nous retrouvons Cricri et Ma Réglisse à Primošten.
Quel contraste.
Quelques minutes plus tôt, nous arpentions les couloirs silencieux d’un hôtel oublié. Nous voici maintenant dans l’un des plus beaux villages de la côte croate.
Nous prenons le temps de flâner dans les ruelles pavées de cette petite presqu’île, dominée par l’église Saint-Georges. Les maisons en pierre, les terrasses animées et les remparts offrent une atmosphère chaleureuse. Depuis les hauteurs, la vue embrasse toute l’Adriatique.
Nous reprenons ensuite la route vers Šibenik.
Fondée par les Croates il y a plus de mille ans, la ville possède une identité bien à elle. C’est la seule ville de Croatie à compter deux monuments inscrits au patrimoine mondial de l’UNESCO : la cathédrale Saint-Jacques et la forteresse Saint-Nicolas.
Nous commençons naturellement par la vieille ville.
Très vite, nous abandonnons le plan. Šibenik se découvre en se perdant. Les ruelles pavées montent, redescendent, se croisent, débouchent sur des escaliers, des placettes ou des passages voûtés. Chaque détour réserve une surprise.
Au cœur de la cité apparaît enfin la cathédrale Saint-Jacques.
Entièrement construite en pierre entre le XVe et le XVIe siècle, elle est un véritable chef-d’œuvre de l’architecture dalmate. Son baptistère est d’une finesse remarquable, mais ce sont surtout les 71 têtes sculptées qui ornent les façades qui attirent notre attention. Selon les historiens, elles représenteraient des habitants de Šibenik ayant vécu à l’époque de la construction. Une galerie de portraits vieille de cinq siècles qui donne soudain un visage aux habitants du passé.
La visite se poursuit au musée de la Ville, installé dans un superbe palais Renaissance, avant de passer devant l’ancien Hôtel de Ville et la Porte de la Ville, qui rappellent le riche passé vénitien de Šibenik.
Puis vient le temps de prendre de la hauteur.
Grâce au billet combiné, nous partons à la découverte des forteresses qui dominent la ville. Saint-Michel offre déjà une vue remarquable sur les toits rouges, les îles et le canal. Mais c’est en atteignant Saint-Jean, perchée encore plus haut, que le panorama devient véritablement spectaculaire. Depuis ses remparts, Šibenik se dévoile dans son ensemble, entourée par la mer et les dizaines d’îles qui ponctuent l’horizon.
La journée s’achève enfin à la forteresse Saint-Nicolas, gardienne de l’entrée du canal Saint-Antoine depuis le XVIe siècle. Cet impressionnant ouvrage défensif vénitien, inscrit lui aussi au patrimoine mondial de l’UNESCO, semble encore protéger la ville des attaques venues de la mer.
Une nouvelle fois, l’histoire, l’architecture et les paysages se répondent parfaitement. En Croatie, il suffit parfois de quelques kilomètres pour passer d’un hôtel abandonné à un chef-d’œuvre de la Renaissance, puis à une forteresse qui veille sur l’Adriatique depuis près de cinq siècles.




