Les Fleuves, Rivières et canaux du Cambodge,  Phnom-Penh octobre 2019

Koh Dach: Exploration de l’île de la soie

Aux portes de la capitale, cette petite île en forme d’amande au milieu du Mékong offre une parenthèse intemporelle.
Koh Dach ou l’île de la soie est proche de Phnom Penh, mais on est loin de l’agitation de la capitale.
C’est le Cambodge traditionnel, immuable comme figé pour l’éternité au milieu des cocotiers, des mûriers, des manguiers et des rizières.
Ce n’est pas la plus belle île du Mékong que l’on est vue, mais elle est paisible et les habitants sont sympas, c’est un excellent moyen d’échapper à la vie trépidante que nous menons depuis 6 jours à Phnom Penh.
Elle est située à environ 1heure de tuk-tuk et en ferry de notre hôtel.
Elle est assez petite avec ses 12 km de long et 3 km de large.


Attention le chauffeur de tuk-tuk va lourdement insister pour vous amener la ou lui il désire, il faut être ferme dès le départ, préparez votre circuit, et exigez qu’il si tienne. On voulez visiter le marché local de l’île, et il n’arrêtait pas de prêtester que c’était dangereux…. Ils font tout pour rester dans leur circuit, ce qui est bien dommage.

Malgré tout on a pu voir ce que l’on voulait et sortir un peu des chemins habituels.

Attention Il voulait 5$ de plus a la fin du parcours sous prétexte que l’on avait pas suivit ses conseils et ses trajets, moi je lui ai simplement dis avec un jolie sourire, que s’était lui qui devait me donner les 5$ car je lui avait fait connaître d’autre routes et qu’il pourrait y ammener d’autres touristes, il a posé son doigt sur ses lèvres en guide de chut, à sourie et nous a dit OK OK. (merci Google map)

Ce que l’on doit savoir : Le salaire moyen à Phnom Penh est de 226.76 € et au Cambodge 170.00€ et que certaine famille vivent avec moins de 30€/mois.
Le salaire journalier au Cambodge en 2019 se situe approximativement entre 5 et 6 $
Pour souvent douze heures par jour, six jours voire six jours et demi sur sept, même les jours fériés. Et bien évidemment, sans aucun congé payé.

La route pour Koh Dach est semée de découvertes. Le long de la route, des étalages entiers de noix de coco, de durian, de ramboutans, de mangues ou encore des bananes apportent de la couleur au parcour assez monotone.

Nous passons par le pont de l’amitié Cambodge- Japonais. La disparité entre les deux rives est flagrante, d’un côté un centre-ville en plein développement et de l’autre des terres quasi vides, mais qui laissent présager que Phnom Penh aura bien un tout autre visage dans les années à venir tant le nombre de projets immobiliers est important.

Apres plusieurs kilomètres, on s’engouffre dans une ruelle que seul un tuk tuk peut connaître. Nous sommes arrivés à l’embarcadère pour Koch Dach. On accède au bac par une simple pente en terre, camionnettes, voitures, tuk tuk, motos…. se côtoient, chacun restent assis sur son véhicule le temps de la traverser qui dure une qunzaine de minutes.


À peine arrivé sur Koh Dach, le contraste avec Phnom Penh est saisissant. Le vacarme des scooters, les klaxons et la poussière semblent être restés de l’autre côté du fleuve. Ici, la ville s’efface brusquement pour laisser place à une nature tranquille, bercée par le vent et les eaux du Mékong.

Le chauffeur de tuk-tuk s’engage alors sur un vieux pont grinçant, comme sorti d’un autre temps, pour m’emmener jusqu’à une ferme de la soie. Koh Dach est réputée dans tout le Cambodge comme l’île des tisserands, un endroit où le savoir-faire artisanal se transmet encore de génération en génération, loin des vitrines climatisées et des usines modernes.

L’île possède un charme simple et presque désarmant. Très peu de voitures circulent ici, et l’absence quasi totale de trafic donne à chaque déplacement une lenteur agréable. Pas de grands bâtiments, pas de stations-service ni de centres commerciaux. Seulement quelques restaurants rustiques ouverts sur la route, de petites échoppes, un minuscule marché de fruits et légumes, une petite école, quelques pagodes aux toits dorés… et surtout ces maisons cambodgiennes pleines de caractère, entourées de potagers, de cocotiers et de petits jardins débordant parfois sur les chemins.

Au fil de la route, on observe les habitants vivre à leur rythme. Certains essaient de vendre des foulards ou demandent quelques riels pour l’accès à une plage, le passage d’un tuk-tuk ou un coin d’ombre sous une paillotte. Les prix changent souvent selon l’humeur, le touriste ou l’heure de la journée. Mais au fond, cela fait presque partie du décor et des règles du voyage. J’avais d’ailleurs lancé à Réglisse, en souriant : « Après tout, chez nous aussi on paie bien les parkings et les autoroutes ! »


Ca n’a pas loupé, malgré tout les détour que l’on a fait, notre chauffeur nous a amené à la « Fameuse silk community« .

Nous y sommes, accueillis par un comité nous payons l’entrée 1$ (pas excessive).
La ferme offre la possibilité de voir le travail de la soie de A à Z, du papillon au tissage. Et nous voilà parti pour 15 minutes d’explications assez intéressantes.
L’histoire commence par une papillon qui pond des œufs, des œufs qui se transforment en vers.
Ses vers qui sont engraissés pendant 11 jours avec une alimentation composée exclusivement feuilles de mûrier.
Ils sont disposés dans des plateaux, protégés du soleil, ils sont groupés par âge.
On peu voir très distinctement la différence de taille et de couleur entre les nouveaux-nés et les vers prêts à produire la soie.
Les premiers sont blancs et très petits, les seconds mesurent 3cm de longueur et sont de couleur jaune.
Une fois matures, les vers sont disposés sur des genres de fagots de bois mort, suspendus et protégés du soleil, ils ne sont alors plus nourris et commencent à faire leur cocon.
Ils « déroulent » leur soie de l’extérieur vers l’intérieur (assez normal puisqu’ils travaillent depuis l’intérieur du cocon et s’enferment dedans).
La soie qui compose les couches extérieures est plus grossière que celle qui compose les couches intérieures.
Lors de l’exploitation, les deux qualités seront utilisées mais pour des applications différentes.
Le vers se « vide » donc du fil de soie qu’il a accumulé dans son abdomen jusqu’à avoir terminé son cocon protecteur, ce dernier fait environ 5cm de longueur, il est obtenu en quelques 24h, et on en tire 100 à 150m de fil de soie.
Deux destins pour ces cocons : certains serviront à la production de fil, les autres suivront leur évolution complète, donnant naissance à un papillon qui pondra des oeufs et le processus complet se répétera.
Seul petit problème à laisser le papillon sortir : pour s’échapper de son cocon protecteur, il opère une ouverture dans la paroi; de cette manière, la continuité du fil de soie est interrompue, le filage ne sera plus possible.
Les cocons ainsi percés peuvent être utilisés pour des massages du visage par exemple.
Les cocons destinés à la production seront ébouillantés cela a pour but de tuer le vers et de faciliter le « débobinage » du fil de soie.
C’est de loin l’étape la plus étonnante de la fabrication (et la plus technique aussi).
Une trentaine de cocons sont mis dans un premier bain d’eau bouillante; là, pour se saisir du fil de soie, la fileuse utilise une feuille d’aubergine (sans doute parce que cette feuille est « rugueuse » et qu’ils peuvent la cultiver localement) qu’elle vient mettre au contact des cocons, un par un. Elle récupère ainsi une douzaine de fils ou d’ensembles de fils qui sont vrillés ensemble pour n’en faire qu’un seul; le tout est alors mis en bobine grâce à un système à entraînement manuel.
Une fois le fil extérieur (de seconde qualité) complètement extrait, les cocons subissent le même traitement mais dans un autre bain, et cette fois la fileuse veille à ne bien prendre qu’un seul et unique fil par cocon, pour assurer une grande finesse au fil extrait. À cette étape, ce dernier est composé de 16 fils de cocon.
Dit comme cela, tout semble plutôt simple mais dans les faits, c’est très différent.
Étant donné la finesse des fils, le débobinage des cocons peut être délicat et il faut être très doux et minutieux dans la gestuelle; par ailleurs, il faut arriver à voir et à se saisir des fils pour les faire passer dans les guides. Enfin, en cas de souci avec un cocon récalcitrant, la fileuse doit « aider » celui-ci à faire don de son fil, et ce, avec le bout des doigts directement à la surface de l’eau bouillante.
Les fils alors obtenus sont bruts; ils doivent encore être bouillis, teints, mis en bobine avant de pouvoir être tissés.
Quand on voit, après finition, la taille du fil et le nombre de kilomètres qu’il en faut pour réaliser un mètre linéaire d’étoffe, on comprend mieux le prix des articles en véritable soie naturelle !
Après avoir assisté à la fabrication du fil, la visite se poursuit avec le tissage sur des métiers manuels plus que rustiques: toute la structure est en bois, les pédales sont reliées par de simples ficelles, et toute la quincaillerie s’apparente à de la récupération.
Malgré la « simplicité » de ces machines, les tissages réalisés ont pour base une trame de pas moins de 4000 fils, c’est complètement ahurissant d’arriver à réaliser un travail d’une telle complexité et d’une telle minutie avec ces outils.
En plus d’être délicat et minutieux, la finesse du fil fait que chaque « rang » tissé ne représente que très peu de longueur (0,3 mm environ, à vue d’oeil); il faut donc entre 3 et 4 rangs pour réaliser 1mm de longueur de tissage. Là encore, il s’agit d’un travail de long haleine ! Et cela va relativement vite quand il s’agit d’une trame classique, mais quand on y ajoute un décor ou même une ornementation avec des fils dorés, ça devient fastidieux.
Après avoir bien profité de toutes les explications, nous repartons de notre visite assez satisfaits; rien d’exceptionnel à cette démonstration me direz-vous.
Certes, mais c’est quand même très intéressant de voir la totalité du procédé pour mieux comprendre le coût élevé du produit de luxe qu’est la soie, et surtout comprendre qu’elle est impossible à extraire de manière automatisée. 


Certain considère que c’est une arnaque, moi je dirais que les 1$ est le prix d’entré d’un musee, ensuite rien ne t’oblige d’acheter, c’est vrai que les vendeuses et la guide sont fortes, mais si tu es c … Pour acheter une écharpe à 20$ après la visite, ce n’est pas de la vente forcé, si tu achètes tu dois t’en prendre à toi même.


Après la visite de la ferme de la soie, je demande à poursuivre le tour de l’île en direction du nord de Koh Dach. Là-bas, une petite plage apparaît entre les rives du Mékong, tandis que les côtes se couvrent de jolies maisons sur pilotis, peintes de couleurs claires et éclatantes. L’ensemble donne au paysage une atmosphère paisible, presque flottante, comme un village posé au bord de l’eau entre ciel et rivière.
La meilleure période pour profiter des baignades dans les eaux fraîches de Koh Dach reste la saison sèche. L’accès à la plage est toutefois payant : il faut compter 2 000 riels pour entrer. Sur place, on peut également louer une paillotte les pieds dans l’eau et attendre tranquillement le coucher du soleil, pendant que le Mékong prend des reflets dorés dignes d’une carte postale un peu froissée par le voyage.


« Thnot » ou palmier à sucre, silhouette emblématique de Koh Dach et du Cambodge.

En langue khmère, « Thnot » désigne le palmier à sucre, également connu sous le nom latin « Borassus Flabellifer ». Cette espèce originaire d’Inde résiste bien à la chaleur, à la sécheresse et à l’humidité, faisant du thnot un arbre parfaitement adapté au climat cambodgien, marqué par une saison sèche et une mousson qui inonde une partie des terres.

Ces arbres n’ont rien à voir avec les palmiers à huile pour lesquels les campagnes sont ravagées afin d’en récolter l’huile végétale la plus néfaste pour nos artères.

En rejoignant le centre de l’île, le paysage s’ouvre soudain sur de vastes rizières ponctuées de hauts palmiers à sucre. Dressés au milieu des champs comme des sentinelles immobiles, ils dominent l’horizon de leurs longues silhouettes élancées. Avec leurs 25 à 35 mètres de hauteur, ces géants végétaux semblent flotter au-dessus du vert éclatant des rizières cambodgiennes, dans une lumière presque irréelle lorsque le soleil commence à descendre.

Le palmier à sucre est partout au Cambodge. Introduit il y a des siècles depuis l’Inde du Sud par les anciennes routes commerciales d’Asie, il est devenu au fil du temps un véritable symbole national. On estime qu’il en existe près de trois millions à travers le pays. À Koh Dach, ils font partie du décor quotidien, au même titre que les pagodes ou les maisons sur pilotis.

Les habitants le surnomment d’ailleurs « l’arbre de vie ». Et ce n’est pas une formule poétique inventée pour les brochures touristiques. Ici, presque tout dans cet arbre peut être utilisé. Sa sève, récoltée avec patience, sert à fabriquer un sucre brun très apprécié dans la cuisine cambodgienne. Ses fruits sont consommés frais, ses feuilles deviennent parfois des toitures ou des paniers, tandis que son bois trouve sa place dans l’artisanat local.

Autour du palmier à sucre gravite toute une économie discrète : espadrilles tressées, ustensiles de cuisine, objets décoratifs ou encore produits cosmétiques. Un arbre capable à lui seul de nourrir, fabriquer, protéger et faire vivre des familles entières. Au Cambodge, le palmier à sucre n’est pas seulement un arbre. C’est presque un compagnon de route planté au milieu des rizières.

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