Croatie

12eme jour en Croatie

Le retour commence…

On dit souvent que la nuit porte conseil.
Pour moi, cette nuit-là n’a pas vraiment apporté de réponse. Ce fut une nuit de silence, une nuit sans sommeil, une nuit où tout semble s’arrêter.

J’avais du mal à comprendre ce qui se passait, mais au fond de moi, je le savais depuis un moment. Depuis que nous avions quitté la Sicile, Théo en avait plein les bottes… ou plutôt plein les pattes. Je crois que son petit cocon familial lui manquait.

Avec le recul, je me rends compte que pendant ces journées en Italie, il était souvent resté dans les gîtes. J’aurais peut-être dû le mettre dans le coffre de Cricri quand il nous a quittés il y a sept jours ! Bon, pas sûr qu’il aurait apprécié le voyage, mais l’idée m’avait traversé l’esprit…

La décision est prise : nous reprenons le chemin du retour.


Nous repassons par Karlovac.
Aucun mot échangé, seulement le bruit régulier du moteur qui accompagne nos pensées.

Une centaine de kilomètres plus loin, nous arrivons à Fužine.

Je propose une halte.

J’étais déjà passé dans cette région en 1987, à l’époque où le pays portait encore le nom de Yougoslavie. Mais mes souvenirs d’alors restent flous. Pourtant, dans ma mémoire, Fužine méritait vraiment un détour.

Le village est connu pour ses paysages façonnés par l’eau, ses lacs, ses montagnes et surtout pour la grotte de Vrelo, découverte dans les années 1950. Longue d’environ 300 mètres, elle possède une particularité rare : c’est la seule grotte touristique de Croatie traversée par une rivière souterraine.

J’ai toujours eu un faible pour le monde souterrain, ces endroits où la nature a sculpté son propre musée dans l’obscurité.

Mais aujourd’hui, mes souvenirs se heurtent à la réalité : aucune réaction.
Ma proposition tombe dans le vide.


La voiture continue sa route. Théo est au volant.

Après cet arrêt manqué à Fužine, je tente une nouvelle proposition : un petit détour par Kraljevica.

Je pense qu’à force de parler avec passion, j’arrive encore à convaincre l’équipage. La machine repart donc dans ma direction…

Premier arrêt : l’hôtel abandonné Liburnia

Je le visite rapidement, seul. Une exploration courte, presque frustrante, mais suffisante pour sentir l’histoire des lieux.

Puis une nouvelle idée germe : pousser jusqu’à l’île de Krk, direction Malinska, à la recherche d’un autre hôtel abandonné devenu une véritable légende de la station balnéaire.

Cette fois, la visite sera plus longue. 🩵

(Voir l’article consacré à ces deux hôtels abandonnés.)


Nous reprenons ensuite la route vers Rijeka, en longeant la mer.

Petite pause café, quelques photos au passage : un ancien dépôt ferroviaire abandonné, vestige d’un autre temps, puis une ancienne station de lancement de torpilles, rappelant que cette côte fut aussi un territoire stratégique et militaire.

👉 Voir l’article sur cette petite pose café


Peu avant midi, nous reprenons la route.

Quarante kilomètres plus loin, arrêt déjeuner à la Pizzeria Coccolo – Vičič-Renko Silva s.p.

La pizza ? Disons qu’elle laisse un souvenir… particulier.
Un goût un peu amer, comme si elle avait décidé d’accompagner notre humeur du jour.

Ma réglisse commence sérieusement à regretter notre départ. Moi, je prends sur moi. J’essaie de détendre l’atmosphère, de remettre un peu de légèreté dans cette journée.

Théo, lui, est ravi. Pour lui, le retour est une bonne nouvelle.

On continue.


335 kilomètres plus tard, nous posons nos valises pour la nuit au Villaggio Turistico Lugana Marina, en Italie, au bord d’un lac.

La Croatie disparaît peu à peu derrière nous.

La route du retour est lancée… mais dans ma tête, les images de ces douze jours restent encore bien présentes : les paysages, les lieux oubliés, les rencontres avec les pierres et les fantômes du passé.

Car finalement, même quand on rentre, le voyage continue encore un peu.