Le MAAT et le musée de l’électricité – Misbonne
Après la silhouette de Tour de Belém encore accrochée dans le regard, on longe le Tage comme on tourne une page brillante… et soudain, le futur surgit, posé là, tout en courbes et en reflets : le MAAT – Musée d’Art, d’Architecture et de Technologie.

1) Le MAAT, une vague de lumière
Conçu par l’architecte britannique Amanda Levete, le bâtiment du MAAT a ouvert ses portes en 2016, et non en 2012. Une petite correction qui a son importance, comme une date gravée au bon endroit sur une plaque de cuivre.

Avec ses 7 000 m², le lieu déploie un espace généreux où l’art contemporain, l’architecture et la réflexion technologique dialoguent sans élever la voix. Quatre espaces structurent la visite : une salle ovale spectaculaire, une galerie principale en partie enfoncée sous le niveau du fleuve, et des salles dédiées aux projets et aux vidéos.
Mais le vrai tour de magie se passe dehors. Le toit, accessible comme une promenade suspendue, offre un panorama ouvert sur le Tage et le Pont du 25-Avril. On y marche comme sur une jetée futuriste, entre ciel et eau.

Les façades, elles, jouent avec la lumière. Recouvertes de mosaïques tridimensionnelles, elles captent le soleil et le renvoient en éclats dorés, surtout à l’heure où Lisbonne devient miel. De minuscules points bruns parsèment l’ensemble, donnant l’impression que le bâtiment crépite doucement.




Et puis il y a ce détail presque ludique : une passerelle en forme de boomerang relie le MAAT à la ville, enjambant la voie ferrée et l’Avenida Brasília. Un geste architectural qui invite à traverser plutôt qu’à contourne.



2) Le musée de l’électricité, mémoire sous tension
Juste à côté, changement d’époque mais pas d’intensité. Le Musée de l’électricité (Central Tejo) occupe l’ancienne centrale thermoélectrique construite en 1908.

Impossible de la manquer avec ses façades de briques rouges, solides et presque industrielles dans leur élégance. Ici, pas de courbes futuristes, mais une mécanique brute, presque théâtrale.
À l’intérieur, les machines d’origine racontent une autre Lisbonne. Celle du charbon, des chaudières haute pression, des turbines grondantes. On circule entre ces géants d’acier comme dans une cathédrale dédiée à l’énergie.




La centrale a alimenté la ville jusqu’en 1972. À partir de 1951, elle n’était déjà plus qu’un renfort, une sorte de batterie géante venant épauler les centrales hydroélectriques.


Aujourdhui, le musée fait le lien entre passé et futur. On y parle des différentes sources d’électricité, avec une place importante accordée aux énergies renouvelables. Une transition presque poétique : du charbon noir aux idées plus vertes.



Au final, visiter le MAAT et la Central Tejo, c’est un peu comme feuilleter deux chapitres d’un même livre. L’un écrit avec des briques et de la suie, l’autre avec de la lumière et des courbes. Et entre les deux, le Tage qui coule tranquillement, comme s’il savait déjà la suite de l’histoire.
À quelques pas de là, près de l’ancienne centrale électrique devenue le MAAT, Vhils avait également marqué les murs d’une étrange tour cylindrique, semblable à un réservoir posé face au Tage. Un de ces visages creusés dans la matière, comme arraché au béton, où le passé semble remonter à la surface. Mais ici encore, le temps a fait son œuvre : transformations du site, réaménagements successifs… la fresque a disparu, emportée avec son support. Rien de brutal, juste un effacement progressif, presque discret. Il en reste des images, bien sûr, mais surtout cette impression fugace d’avoir vu un mur respirer… avant qu’il ne se referme.


😥 Autres Fresques disparues
A Proximité
La Tour de Belém, Lisbonne
Holà… cap à l’ouest, là où le Tage prend son élan vers l’Atlantique et où…






















