Lisbonne

Chelas un quartier populaire au nord-est de Lisbonne

Le Festival Cor de Chelas.

Ce qui a commencé en 2014 comme une initiative modeste portée par des artistes locaux est devenu un rendez-vous incontournable de la scène artistique lisboète : : le Festival Cor de Chelas.

Année après année, cet éclat de couleur posé sur des murs gris a transformé une ancienne zone industrielle longtemps délaissée en galerie urbaine vibrante.

C’est surtout en 2024 que le festival a pris une ampleur spectaculaire sous l’impulsion de l’incomparable Artur Bordalo. Commissaire de l’événement, il a convié ses compagnons de création à investir le quartier et à en faire un terrain d’expérimentation grandeur nature.

Des figures majeures du street art comme Vhils, Okuda San Miguel, Daniela Guerreiro, Ricardo Romero et Kampus ont ainsi métamorphosé l’Estrada de Chelas en une galerie à ciel ouvert d’une densité rare.
Le lieu, transfiguré par cette concentration d’œuvres monumentales, est désormais affectueusement surnommé « Parc Bordalo » par les habitants — comme si le quartier avait adopté son nouveau visage avec une pointe de fierté… et un léger éclat de couleur en plus.

Ce n’est pas seulement une embellie esthétique.
C’est une réappropriation du territoire.
Une réponse artistique à la dégradation urbaine.
Une affirmation que le béton peut devenir langage.

Aujourd’hui, Chelas s’impose comme l’un des hauts lieux du street art à Lisbonne.
Un quartier où l’art ne s’expose pas — il s’impose.

Et où chaque promenade ressemble à une lecture à ciel ouvert, page après page, mur après mur.


Après avoir découvert les œuvres emblématiques The Frog et The Chimp de Bordalo II, nous mettons le cap vers le Museu Nacional do Azulejo.

👉 Lire l’article sur les œuvres de Bordalo II Lisbonne

Installé dans un vaste bâtiment historique légèrement excentré, le Museu Nacional do Azulejo retrace l’histoire et l’évolution de l’azulejo du XVe siècle à nos jours. Le parcours permet de comprendre les influences esthétiques, les techniques de fabrication et le rôle décoratif et narratif de ces carreaux dans l’architecture portugaise. L’ensemble architectural est remarquable, notamment l’ancienne église intégrée au musée, richement ornée de dorures et de décors baroques. L’atmosphère y est particulièrement soignée.

À l’issue de la visite, un patio ombragé invite à s’installer pour boire un verre ou déjeuner légèrement. Compter environ deux heures pour parcourir l’ensemble des collections. L’audioguide est bien conçu et apporte un éclairage complémentaire pertinent. Le tarif d’entrée est de 8 €. Le musée est inclus dans la Lisboa Card, qui permet un accès coupe-file.


Après cette parenthèse patrimoniale, nous reprenons la route pour le musée à ciel ouvert de Chelas. Repassez sous les arches de la voie ferrée : le décor change subtilement. La lumière se fragmente, les murs se resserrent, l’atmosphère devient plus minérale.

On longe d’abord le Largo Marquês de Nisa — une transition presque discrète, comme un sas urbain. Les façades se couvrent progressivement de signatures, prémices de ce qui nous attend un peu plus loin, et l’on sent déjà que le béton va bientôt céder la place à la couleur et à la fantaisie.

Avant de poursuivre vers la Rua Gualdim Pais, nous bifurquons à gauche dans une petite rue pavée typiquement lisboète : le Beco da Horta das Canas.

Cette ruelle étroite, au sol irrégulier et aux façades simples, réserve elle aussi quelques fresques discrètes. Rien de monumental, mais suffisamment pour rappeler que, dans ce quartier, l’art surgit à chaque détour.
C’est ici que nous nous arrêtons pour déjeuner au Church LX.


L’ambiance est détendue :
pas de file d’attente interminable,
des prix accessibles,
une clientèle mêlant habitants et visiteurs curieux.
La carte propose une cuisine d’inspiration brésilienne, généreuse et savoureuse, accompagnée de cocktails bien exécutés.

Les tarifs restent raisonnables, presque étonnamment doux pour Lisbonne.
Le décor, éclectique et travaillé, mêle éléments industriels et touches bohèmes. En fond sonore, du rock indie britannique — un contraste plutôt réussi avec l’assiette.
Une parenthèse agréable avant de replonger dans l’encyclopédie murale de Chelas.


En quittant la table, le contraste est presque immédiat. On abandonne l’ambiance feutrée pour retrouver l’air libre, la pierre, le béton, les murs. Quelques pas suffisent pour que le quartier reprenne la parole.


Puis la Rua Gualdim Pais s’ouvre devant nous.
Là, la rue devient véritablement scène.
Les murs se succèdent, les signatures aussi.
Les styles dialoguent, s’opposent, se complètent.

Une des premières fresque – Precáriapar Johnny Double C, artiste portugais, qui contrairement à certains artistes internationaux invités à Chelas, s’inscrit plutôt dans le tissu local — ce qui explique la tonalité souvent sociale et contextualisée de ses œuvres.
Le titre, Precária, évoque immédiatement la condition précaire, qu’elle soit sociale, économique ou existentielle. Dans un quartier où l’art s’est approprié l’espace public pour raconter des histoires urbaines complexes, cette fresque agit presque comme un commentaire direct sur l’instabilité de nos modes de vie modernes.


A côté de PrecáriaPalestine d’Akacorleone l’un des artistes urbains portugais les plus reconnaissables de la scène lisboète
Akacorleone, l’engagement passe par le symbole plutôt que par le slogan.

Rien n’est écrit.
Tout est signifié.

Ce type d’intervention montre que, dans le périmètre de Chelas et Marvila, l’art urbain n’est pas seulement esthétique ou décoratif. Il devient espace d’expression politique, parfois internationale, au cœur d’un quartier populaire lisboète.


En face, un espace végétalisé en pente longe la Rua Gualdim Pais, en arrière-plan de la Travessa da Amorosa.
Il s’agit d’un talus aménagé, structuré par des murets successifs. La paroi supérieure accueille une fresque de grande longueur représentant plusieurs figures stylisées dans une palette dominée par le bleu, le rose et le noir. En contrebas, les murs intermédiaires sont occupés par des graffitis plus spontanés et des lettrages.

L’ensemble combine végétation, art mural planifié et interventions graffiti, illustrant la coexistence de différentes formes d’expression urbaine dans le quartier.

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For a place in the sun – (Pour une place au soleil) – Par Lilli Marlit


RIP Akira Toriyamapar Flavius Augustus
Hommage vibrant au créateur de Dragon Ball. La culture pop japonaise s’invite dans le béton lisboète.


Œuvre de Eric Ventker « Chessmate » — mural figuratif au détail précis – Un rendu, presque photographique, capte l’intensité du regard et donne à la scène une dimension symbolique forte.


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Les figurines d’Enivo
Parmi les artistes présents dans la zone de Chelas, Enivo apporte une signature immédiatement reconnaissable.
Dans ses œuvres, il associe des couleurs vibrantes à des motifs géométriques et à des symboles d’inspiration africaine. Il en résulte des figures masquées, puissantes et stylisées, où le regard — souvent frontal — capte immédiatement l’attention du passant.


Ses compositions fonctionnent par strates : aplats chromatiques intenses – motifs répétitifs – références culturelles mêlées.

Autres fresques présentes sur les lieux

La figure masquée devient alors plus qu’un simple personnage : elle évoque l’identité, la mémoire diasporique, la spiritualité et parfois même une forme de résistance symbolique.


en face la 1ère figurine d’Enivo – La fresque « Cordechelas », signée Guinr


HOMEpar The Caver
Une œuvre introspective, sur l’identité et l’appartenance, qui tranche avec l’énergie plus frontale des autres murs.


Inner Feelingpar Afonsoul (Brésil)
Atmosphère plus émotionnelle, figures expressives, palette subtile : une respiration dans la rue.


Red Facepar Lilli Marlit
Portrait puissant, frontal, qui capte immédiatement le regard.




A proximité l’oeuvre « Guaxinim » réalisé par l’artiste Bordalo II
Le raton-laveur iconique en déchets recyclés, qui rappelle que l’animal et la ville cohabitent… parfois malgré nous.

👉 Lire l’article sur les œuvres de Bordalo II Lisbonne


Sur le mur orange, un profil tendu vers l’avant, un mégot au coin des lèvres. La fresque signée O Tomás Mário joue la sobriété : gris profonds, trait net, quelques éclats jaunes comme des étincelles sous la peau.




Fresque de Puto Barbudo
Puto Barbudo est un artiste urbain portugais actif principalement à Lisbonne. Son pseudonyme signifie littéralement « le gamin barbu » — un clin d’œil à une esthétique à la fois irrévérencieuse et volontairement brute.Son travail s’inscrit dans la tradition du street art lisboète : une scène engagée, volontiers provocatrice, héritière des fresques post-révolutionnaires et du graffiti plus contemporain.



L’esprit du lieu

Ce qui frappe dans cette rue, ce n’est pas seulement la qualité des œuvres, mais leur densité. On passe d’un hommage pop à une critique sociale, d’un portrait introspectif à une sculpture monumentale en relief.

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La Rua Gualdim Pais fonctionne comme un laboratoire artistique permanent. Rien n’est figé : certaines œuvres disparaissent, d’autres apparaissent, les murs se transforment. On y sent presque le pinceau encore humide, la bombe qui n’a pas tout à fait refroidi.


Puis, presque sans rupture, cette effervescence nous entraîne vers un autre théâtre à ciel ouvert : l’Estrada de Chelas. Là, l’échelle change. Les façades s’élèvent, les fresques prennent de la hauteur, les signatures deviennent monumentales.

Ce qui, rue Gualdim Pais, relevait de l’expérimentation spontanée, trouve ici une dimension plus orchestrée — une galerie urbaine assumée, où le quartier tout entier semble avoir prêté ses murs à l’imagination des artistes.




Fresques de la R. de Cima de Chelas



Autre oeuvre de Bordalo II

🐭 Cherry MouseSouris
📌 Estr. de Chelas 189, 1900-417 Lisboa
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Petite souris entourée de cerises, souvent associée au Cor de Chelas Festival.
💡 Assemblage de déchets recyclés transformés en animal expressif et coloré, fidèle à l’esthétique de Bordalo II, qui pousse à réfléchir sur la consommation et l’environnement.




🐷 Half PiggyDemi Cochon de Bordalo II
Collaboration avec Okuda
📌 Estr. de Chelas 162, 1900-151 Lisboa
🧭 Voir sur Google Map

➡️ Porc mi‑géant, mi‑pop‑coloré, mélangeant le bestiaire à la couleur vive typique d’Okuda et l’accumulation de déchets chère à Bordalo II : une « charcuterie graphique » qui devient leçon d’écologie.


Une création de KAMPVS attire le regard avec son personnage stylisé, aux formes rondes et aux couleurs vives — jaune, rose et bleu — qui semblent dialoguer avec la fresque voisine, apportant une touche plus intime et ludique à cet espace devenu véritable galerie à ciel ouvert. La fresque est située juste avant la fresque collaborative où Half Piggy de Bordalo II se mêle aux motifs géométriques et colorés de Okuda San Miguel.



🐵✂️ Half Monkey — Demi-singe de Bordalo II
Collaboration avec Vhils
📌 Calçada do Teixeira 2-10, 1900-151 Lisboa
🧭 Voir sur Google Map

➡️ Ici, le relief et le martèlement du mur dialoguent : Vhils creuse, Bordalo II assemble. Le singe apparaît à moitié figé dans la matière, réflexion visuelle sur l’érosion urbaine et l’identité animale.

Vhils est unartiste qui sculpte les murs de Lisbonne comme on grave la mémoire d’une ville dans la pierre.
Je vous invite à suivre les traces de cet artiste qui façonne les mémoires urbaines, de Paris à Lisbonne, jusqu’à Bangkok.

👉 Voir l’article sur Vhils


O Quarto Azul de Daniela Guerreiro
Une œuvre plus intime, presque domestique, qui introduit une atmosphère introspective au milieu des grandes fresques monumentales.


La fresque historique en noir et blanc de Ricardo Romero
La fresque historique en noir et blanc de Ricardo Romero, inspirée d’une ancienne photographie, tranche nettement avec les explosions chromatiques qui l’entourent. Là où certains murs revendiquent la saturation et l’impact visuel immédiat, Romero choisit la retenue : une palette austère, presque documentaire, qui impose le silence au passant.
Ce parti pris n’est pas anodin. Le noir et blanc renvoie à l’archive, à la mémoire collective, à une temporalité suspendue. Il transforme le mur en page d’histoire. On ne « regarde » plus une fresque : on la consulte.

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Ce contraste rappelle les peintures murales du village d’Urzulei, ancien village du Supramonte en Sardaigne. Là aussi, certaines œuvres abandonnent la couleur pour privilégier la narration historique et sociale. Les façades deviennent des supports de mémoire populaire : scènes rurales, visages marqués, épisodes de lutte ou de vie quotidienne.

📌 Voir l’article et les photos du village d’Urzulei




Les créatures fantastiques des Brésiliens Gnomo et Rizo
Même les éléments les plus ordinaires du quartier deviennent terrain d’expérimentation artistique.
Sur un simple portail roulant, les Brésiliens Gnomo et Rizo ont donné naissance à une créature fantastique surgie d’un imaginaire surréaliste.


Plus généralement, une trentaine d’œuvres permanentes ou semi-permanentes sont désormais visibles le long de la Estrada, résultat d’une scène street art vraiment vivante et collective.


Et LS (Luís Santos)
Figure locale de longue date, LS (Luís Santos) incarne la mémoire artistique de Chelas-Marvila.
Actif depuis la fin des années 1990, il est régulièrement cité comme l’un des référents de la scène street art du quartier, bien avant la structuration du festival. Même lorsqu’il ne signe pas une œuvre précise visible aujourd’hui, son empreinte symbolique reste associée à l’identité créative du lieu.


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🎯 Ce que ça dit de l’esprit du lieu

Le Cor de Chelas Festival n’est pas seulement un festival ponctuel : ses œuvres restent, elles changent parfois, mais elles transforment durablement l’identité du quartier. On y voit :

  • des mondes narratifs variés — du social à la pop culture, en passant par l’abstraction ;
  • des duos artistiques (Bordalo II + Vhils, Bordalo II + Okuda) qui explorent des techniques opposées (ajout contre retrait) pour un message visuel impactant ;
  • et une présence d’artistes venus d’horizons très différents, ce qui fait de la zone un véritable patchwork d’expressions urbaines.

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La murale de la Rua Carlos Botelho.

En quittant les grands axes colorés de la Estrada de Chelas et de la Rua Gualdim Pais, on découvre un autre visage du street art lisboète : plus intime, plus mémoriel.

À quelques rues de là, dans le quartier Carlos Botelho, la fresque de la Rua Carlos Botelho, réalisée par Francisco Camilo et Vera Fonseca, avec le mécénat du chanteur Nininho Vaz Maia, marque un changement de ton.

Ici, le mur ne cherche pas à impressionner par l’échelle ou la couleur.
Il raconte.
Il évoque le tragique incendie de Curraleira en 1975 — les baraques, la précarité, l’urbanisme d’urgence. Mais la fresque fait face à une aire de jeux. Et ce détail est essentiel.
Car elle parle aussi des enfants.
De ceux qui, malgré le peu de moyens, jouaient librement dans le quartier.
Beaucoup d’habitants se souviennent du “vieux Curraleira” avec un sourire — une enfance pauvre, oui, mais heureuse.

Le mur assume cette dualité :
la dureté des conditions de vie
et la chaleur humaine qui les traversait.
On n’est plus dans la démonstration artistique monumentale.
On est dans la mémoire partagée.
Dans la transmission.

🧭 Voir son emplacement sur Google Map

Si Chelas est une encyclopédie murale, Carlos Botelho en est le chapitre le plus personnel.


La murale de la Rua Fabrica das Moagens.

📍 Quartier Carlos Botelho, à Lisbonne.
🧭 Voir sur Google Map

Elle a été réalisée par le collectif ARM — composé de :

  • Gonçalo Mar
  • Ram Miguel

Avec le soutien / parrainage artistique de :

  • Telmo Reis
  • Terrinas

🎨 Cette fresque fait partie d’une dynamique de revitalisation urbaine impliquant les habitants du quartier Carlos Botelho. On est ici dans une logique communautaire forte : pas seulement une œuvre plaquée sur un mur, mais un projet ancré dans le tissu social.

Visuellement, la pièce est monumentale, très structurée, avec un langage graphique puissant typique de GonçaloMAR :

  • visages stylisés
  • compositions dynamiques
  • couleurs franches
  • dimension presque mythologique

Ce mur est souvent considéré comme l’un des plus impressionnants de la zone de Chelas élargie, notamment parce qu’il transforme un espace résidentiel discret en véritable signal artistique.

👉 Important : cela confirme que la zone ne se limite pas au duo Gualdim Pais / Estrada de Chelas. On est dans un écosystème élargi, nourri par le et par des initiatives municipales.