Lisbonne

🎒 Excursion dans la Mouraria Lisbonne

OĂą sont les filles ?
Elles ont filé du côté du centre commercial Colombo. Avec Ange, on choisit une autre direction. Moins brillante, moins climatisée… mais infiniment plus vivante. Direction la Mouraria.

Le quartier a longtemps traîné une réputation rugueuse, faite de trafics et de nuits agitées. Aujourd’hui, le décor a changé. On y croise tout le monde, habitants, voyageurs, curieux… et surtout autour de la place Martim Moniz, devenue un point de passage incontournable.

La place, réaménagée en 2009, avait pris des airs de salon à ciel ouvert avec bars et transats. Une parenthèse urbaine refermée en 2019, laissant derrière elle un espace un peu en suspens. Depuis, les projets se succèdent, sans qu’aucun ne s’impose vraiment. Martim Moniz reste une scène en attente, vivante malgré tout.

Car la Mouraria n’est pas un quartier comme les autres. C’est l’un des plus anciens de Lisbonne. C’est ici que les Maures furent relégués après la conquête menée par Afonso I de Portugal en 1147, et où ils vécurent jusqu’à leur expulsion au XVe siècle.

De cette époque, il reste peu de pierres, mais une présence diffuse, presque souterraine. Aujourd’hui encore, plus d’une cinquantaine de nationalités s’y côtoient, venues du Bangladesh, de Chine, d’Inde, du Pakistan ou du Mozambique. Un monde condensé entre deux collines.

Entre la place et le château São Jorge, la Mouraria conserve son visage populaire : épiceries ouvertes tard, restaurants venus d’ailleurs, tavernes où le temps semble tourner plus lentement. Longtemps délaissée, elle a retrouvé un second souffle après les rénovations engagées à partir de 2009.

Mais surtout, la Mouraria se raconte en musique.
C’est ici que vécut Maria Severa Onofriana, figure fondatrice du fado. Plus tard, Fernando Maurício y imposa sa voix, et Mariza y a grandi avant d’emmener cette musique bien au-delà de Lisbonne.


👣 La balade commence

On quitte la place sans vraiment s’en rendre compte.
Une rue appelle, puis une autre. Ici, on ne suit pas un itinéraire, on suit une intuition.

Le linge flotte entre les façades, les azulejos accrochent la lumière, et parfois, une voix s’échappe d’une fenêtre entrouverte.


🎨 Le street art, mĂ©moire Ă  ciel ouvert

La Mouraria est aussi une galerie Ă  ciel ouvert.
Sur les murs, les visages apparaissent. Ceux des fadistes, des anonymes, des figures du quartier. Les fresques racontent ce que les pierres ne disent plus.

Certaines œuvres rendent hommage au fado, d’autres parlent d’exil, de mélange, d’identité. Rien d’ostentatoire, tout est là, à hauteur d’homme. Il suffit de lever les yeux… ou de ralentir.


🎶 La Rua do CapelĂŁo et l’âme du fado

On arrive sur la Rua do CapelĂŁo.
Une rue discrète, presque sage en journée. Pourtant, c’est ici que le fado a trouvé l’un de ses refuges. Le soir venu, les murs semblent écouter autant qu’ils résonnent.


🔵 Azulejos et passages inattendus

La Rua da Mouraria nous entraîne plus loin.
Et puis cet escalier. Recouvert d’azulejos, simple et magnifique. On ne l’attendait pas, il ne s’impose pas… et pourtant il retient.


🌿 Largo do Intendente, le renouveau

Le Largo do Intendente ouvre l’espace.
Façades élégantes, terrasses, une ambiance plus apaisée. Le quartier s’est transformé ici, sans renier complètement ses racines.


🌏 Rua da Palma et Rua do Benformoso

En parallèle de la Rua da Palma, la Rua do Benformoso déroule son mélange de cultures.

Ici, l’Asie croise l’Afrique sans prévenir. On passe d’un boubou coloré à un bol de pho fumant, puis à une échoppe proposant les derniers films de Bollywood.
Un morceau de monde concentré dans quelques rues.

Au 268 de la Rua da Palma, une porte discrète abrite Prisma Estúdio, un lieu associatif où les cultures dialoguent à travers l’art et les rencontres.


🏠 DĂ©tails cachĂ©s

Au Largo da Achada, derrière l’église de São Cristóvão, une maison médiévale résiste au temps. Fenêtres ogivales, allure discrète… un fragment du passé posé là, presque par oubli.


🌇 Vers les hauteurs

En poursuivant vers le quartier des Anjos, les rues s’élargissent, les façades changent de style.

Pour ceux qui veulent prolonger, le miradouro de Monte Agudo offre une vue paisible, loin de l’agitation.


🍷 Fin de balade

On redescend doucement.
Peut-être vers un café, peut-être vers un verre.

Au fond, on n’a rien “visité”.
On a marché, regardé, écouté.

Et la Mouraria, elle, s’est laissée découvrir comme ça… sans mode d’emploi.