Lisbonne

La Statue du Christ Roi

Un petit tour de bus et nous voilà sur la colline d’Almada, juste en face de Lisbonne, et le spectacle commence dès qu’on aperçoit la statue. Inspirée du Christ Rédempteur de Rio, la Statue du Christ Roi domine la ville avec une majesté tranquille.

L’esplanade du Christ Roi mérite à elle seule le détour. Large et dégagée, elle s’ouvre comme un immense balcon au-dessus du Tage.

Ici, pas besoin de billet ni d’ascenseur : il suffit d’avancer de quelques pas pour se retrouver face à un panorama spectaculaire.

Le regard glisse d’abord vers le fleuve, où les voiliers tracent de fines lignes blanches sur l’eau, puis vers le pont du 25 Avril qui s’étire avec son allure métallique rappelant vaguement un cousin californien. En face, Lisbonne se dévoile, étalée sur ses collines comme une mosaïque de toits rouges et de façades claires.

C’est un endroit où l’on reste facilement plus longtemps que prévu. On vient pour la photo… et on finit par simplement regarder la ville respirer, le vent du Tage dans les cheveux et la sensation d’avoir Lisbonne à ses pieds.

Haute de 28 mètres et posée sur un portique de 82 mètres, elle impose le respect. Ses bras ouverts sur 10 mètres semblent envelopper la ville entière d’un geste protecteur. La tête seule fait plus de 4 mètres, de quoi se sentir un peu lilliputien à ses pieds.

Pour les croyants, c’est bien plus qu’un monument : c’est un symbole de paix, de gratitude et d’accueil. Le sanctuaire autour comprend une église dédiée à Notre-Dame-de-la-Paix et un musée retraçant l’histoire du lieu, un mélange de recueillement et de culture. On apprend d’ailleurs que le projet remonte à 1936, lorsque le patriarche de Lisbonne, de retour du Brésil, rêve d’un hommage à l’image de Rio. La statue, construite après la Seconde Guerre mondiale, devait remercier Dieu d’avoir épargné le Portugal des horreurs du conflit… et, derrière cette dévotion, on devine aussi le soutien mutuel entre Église et régime de Salazar.

Mais ce qui frappe surtout, c’est la vue. Depuis l’esplanade, gratuite et ouverte à tous, le Tage s’étire avec ses voiliers, le pont du 25 avril rappelle un petit air de Golden Gate, et Lisbonne se déploie sur ses collines comme un décor peint. Pour ceux qui montent sur la plateforme panoramique (payante), le panorama s’élargit encore : les cités au nord, les banlieues au sud, et même la statue elle-même, détaillée dans ses mains et son visage, offrent un spectacle qui coupe le souffle.

Un lieu où histoire, religion et panorama se croisent, et où l’on peut sentir Lisbonne à la fois proche et infiniment lointaine.

Après avoir longuement contemplé Lisbonne depuis l’esplanade du Cristo Rei, on redescend doucement vers le Tage. La journée ne s’arrête pas là. À quelques minutes de route se cache un endroit parfait pour prolonger le moment, presque les pieds dans l’eau.

👉 Direction la Quinta da Arealva, une ancienne propriété tournée vers le fleuve où l’on vient boire un verre ou dîner face à Lisbonne illuminée.

La ville apparaît alors de l’autre côté du Tage comme un décor de théâtre. Après la solennité de la statue, place à une ambiance plus douce, un verre à la main, le regard posé sur les lumières qui se reflètent sur l’eau. Une façon très agréable de conclure cette escapade sur la rive sud.