Narbonne : Une Ville Chargée d’Histoire et de Culture
Narbonne est une ville située dans le département de l’Aude, en région Occitanie, au sud de la France. Fondée en 118 av. J.-C., elle est la première colonie romaine en Gaule, ce qui en fait une ville riche en histoire, au cœur de la civilisation antique. Aujourd’hui, Narbonne est une ville dynamique qui allie patrimoine historique, attraits touristiques, culture, et nature.
Histoire de Narbonne
L’époque romaine
La fondation de Narbo Martius en 118 av. J.-C. marque le début de la ville romaine. Narbonne se trouve alors sur un axe de circulation essentiel : la Via Domitia, la grande voie romaine qui relie l’Italie à l’Espagne en traversant la Gaule.

Cette route fait de Narbo Martius un véritable carrefour commercial et politique. Pendant plusieurs siècles, la ville connaît un important essor économique, notamment grâce à son port sur la Méditerranée, et devient la capitale de la province de Gaule Narbonnaise.

Et cette ancienne voie romaine n’a pas complètement disparu. Elle est encore visible aujourd’hui, en plein cœur de Narbonne, sur la place de l’Hôtel de Ville. Quelques mètres de la Via Domitia ont été dégagés et conservés, offrant un témoignage concret de l’importance de Narbo Martius il y a près de deux mille ans.
Mais la voie romaine n’est qu’un des nombreux vestiges de cette époque. Pour découvrir Narbo Martius, il faut aussi regarder ce qui se trouve dans les musées, sous nos pieds et jusque dans les campagnes environnantes.
Narbo Via : la mémoire romaine sous un même toit
Inauguré en 2021, le musée Narbo Via rassemble une exceptionnelle collection archéologique issue des fouilles menées dans la région de Narbonne. Son impressionnant mur lapidaire, composé de centaines de blocs et de fragments de monuments antiques, donne immédiatement la mesure de la richesse de la cité romaine.

Le musée raconte ainsi Narbo Martius, son urbanisme, ses habitants, ses échanges commerciaux et son territoire, tout en mettant en lumière les découvertes archéologiques qui permettent aujourd’hui de reconstituer peu à peu le visage de la capitale de la Gaule Narbonnaise.





L’Horreum : Narbonne sous nos pieds
Au cœur de la ville moderne se cache un autre témoignage spectaculaire de Narbo Martius : l’Horreum. Ces galeries souterraines, construites au Ier siècle avant notre ère, se trouvent à environ cinq mètres sous le niveau actuel de la ville.

Elles constituaient probablement les fondations ou les espaces de stockage d’un vaste bâtiment, peut-être un marché. Leur fonction exacte reste encore entourée de quelques interrogations, ce qui ajoute au charme du lieu. Le mot horreum signifie d’ailleurs « entrepôt » en latin.

Un détail plus insolite nous attend également dans l’une des galeries : un petit chien gravé très finement dans la pierre. Ce graffiti, situé dans la galerie ouest, fait partie des nombreuses traces laissées sur les murs de l’Horreum au fil des siècles. Difficile toutefois de lui faire raconter son histoire : rien ne permet d’affirmer avec certitude qu’il date de l’époque romaine. Mais après près de deux mille ans, ce discret toutou reste l’un des témoignages les plus amusants de la présence humaine dans ces souterrains.

Les galeries ont traversé les siècles, avec différents remaniements et une réutilisation partielle comme caves particulières. Signalées officiellement en 1838, elles sont classées au titre des Monuments historiques en 1961 avant d’être aménagées et ouvertes au public en 1976.
Le Clos de la Lombarde

Avec les vestiges du Clos de la Lombarde, l’Horreum constitue l’un des rares monuments romains encore visibles et visitables au cœur de Narbonne. Ici, l’Antiquité ne se trouve pas derrière une vitrine : elle est littéralement sous nos pieds.
Amphoralis : quand Narbo Martius mettait le vin en bouteille… ou presque

À une douzaine de kilomètres au nord de Narbonne, à Sallèles-d’Aude, un autre site permet de comprendre l’importance économique de la cité antique. Amphoralis occupe l’emplacement d’un vaste atelier de potiers gallo-romain, spécialisé notamment dans la fabrication en série d’amphores destinées au transport du vin.

Mis au jour à partir de 1976, le site révèle une véritable activité industrielle qui s’est développée du Ier au IIIe siècle. Les potiers ne fabriquaient pas seulement des amphores : ils produisaient également des briques, des tuiles et de la vaisselle destinée à la vie quotidienne.

Le musée surplombe les fouilles et permet de découvrir l’organisation de cet ancien atelier, tandis que le parcours extérieur conduit vers les restitutions de plusieurs fours et d’une habitation gallo-romaine, reconstruits à partir des vestiges retrouvés.

Derrière l’habitation, le jardin des potiers rassemble plus de 160 espèces botaniques répertoriées par les agronomes latins. Elles sont réparties selon leurs différents usages : alimentaires, médicinaux, condimentaires, ornementaux ou artisanaux. Un arboretum complète la visite en présentant les essences de bois utilisées à l’époque pour les cuissons et en expliquant la régénération des forêts.


Amphoralis est ainsi bien plus qu’un musée archéologique. C’est un lieu où l’on retrouve les gestes, les techniques et même l’environnement de ceux qui, il y a près de deux mille ans, participaient à l’activité économique de Narbo Martius.
Narbonne, même à mes yeux, est à bien des égards un paradoxe.
Pendant toute l’Antiquité, la cité joua un rôle politique et économique de premier plan. Pourtant, aujourd’hui, elle semble pratiquement réduite à néant en termes de vestiges monumentaux. Mais les fouilles se poursuivent et, régulièrement, de nouveaux trésors apparaissent.
Il faut donc faire appel à notre imagination pour tenter de faire revivre ce passé. C’est justement ce qu’ont fait Gilbert Bénédicto et Jean Vernat, en associant crayon et plume pour raconter et visualiser l’histoire antique de Narbonne sur près de dix siècles.
Une bande dessinée qui nous plonge dans le passé : « Narbo Martius, la cité disparue ».




Le Moyen Âge
Au Ve siècle, Narbonne est envahie par les Wisigoths, puis par les Sarrasins au VIIIe siècle, avant d’être reprise par les Francs.
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La ville devient progressivement un important centre religieux avec l’implantation de plusieurs évêques. Le Moyen Âge marque également la construction de certains des monuments les plus emblématiques de Narbonne, comme la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur et le Palais des Archevêques.

Mais le Moyen Âge ne se résume pas aux cathédrales et aux puissants seigneurs. C’est aussi une période où Narbonne se transforme profondément. La ville s’organise autour de ses activités commerciales, de son port et de ses institutions religieuses. Les quartiers se développent, les remparts évoluent et les rues commencent peu à peu à dessiner le visage de la ville que nous connaissons encore aujourd’hui.

Au XIIe siècle, Narbonne connaît une période de rayonnement particulier. La ville, située au cœur des rivalités entre les grandes puissances féodales du Midi, est alors dirigée par ses propres vicomtes, tandis que les puissants Trencavel, maîtres notamment de Béziers et de Carcassonne, exercent leur influence dans la région. Narbonne demeure un important foyer de commerce, de culture et de vie intellectuelle.
C’est également une période de grande importance pour la communauté juive narbonnaise. Dès les XIe et XIIe siècles, Narbonne possède des écoles talmudiques réputées, qui attirent des maîtres et des étudiants et contribuent au rayonnement intellectuel du judaïsme méridional. La communauté joue également un rôle important dans la vie économique de la cité.
Parmi les figures les plus célèbres qui passent par Narbonne se trouve Benjamin de Tudèle. Ce voyageur et chroniqueur juif entreprend, vers 1165-1166, un long périple autour de la Méditerranée. Son récit, le Livre des voyages, constitue un témoignage précieux sur les communautés juives qu’il rencontre, notamment celle de Narbonne.
Un lieu permet aujourd’hui de faire le lien, bien plus tardif, avec cette histoire juive : la synagogue de Narbonne, installée au 67 rue Droite, dans l’ancienne Maison dite de l’Aumône.

Le nom d’« île de l’Aumône », donné à l’ensemble de l’îlot, provient de cette maison. Le chapitre Saint-Just y faisait cuire du pain qui était ensuite distribué aux pauvres. L’origine exacte de cette institution charitable n’est pas clairement établie, mais son existence est attestée dès 1453.
La maison a connu de nombreuses transformations au fil des siècles. Son élément architectural le plus remarquable est sa tourelle d’escalier octogonale, avec son escalier en vis et ses décors sculptés. Une représentation en haut-relief d’une femme offrant un pain rappelle précisément la vocation charitable du lieu. La tourelle est inscrite au titre des monuments historiques depuis le 19 décembre 1946.
Aujourd’hui, le bâtiment abrite la synagogue de Narbonne. Il ne faut toutefois pas confondre cette utilisation actuelle avec l’histoire médiévale de la maison : celle-ci était à l’origine une institution charitable liée au chapitre Saint-Just. C’est seulement bien plus tard que le lieu a été investi par la communauté juive. La continuité n’est donc pas celle d’un bâtiment religieux juif depuis le Moyen Âge, mais celle, assez singulière, d’un édifice qui a traversé les siècles et changé de fonction.
Cette histoire témoigne d’une Narbonne médiévale profondément active, où se côtoient différentes communautés, activités commerciales et foyers intellectuels. Mais à partir du XIIIe siècle, un autre visage de la puissance narbonnaise s’impose dans la pierre : celui de l’Église.
Puis vient le temps des grands chantiers religieux. En 1272 débute la construction de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur, sur l’emplacement de l’ancienne cathédrale romane. Le projet, ambitieux, s’inscrit dans le grand mouvement de construction des cathédrales gothiques qui transforme alors les villes du Midi.

Avec ses 41 mètres de hauteur sous voûte, la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur domine encore le cœur historique de la ville. Sa construction débute en 1272, à l’initiative de l’archevêque Maurin, sur le modèle des grandes cathédrales gothiques du nord de la France.
Le chantier est gigantesque pour l’époque. Le chœur est achevé, mais la nef ne verra jamais le jour. La construction aurait nécessité de démolir une partie des remparts et de modifier profondément les fortifications de la ville. Le projet est finalement abandonné, laissant à la cathédrale cette silhouette étonnante : un monument monumental… mais inachevé.

Cette particularité fait aujourd’hui partie de son histoire. En entrant dans la cathédrale, on mesure surtout l’ambition des bâtisseurs médiévaux et la puissance de Narbonne à cette époque.
Et comme si cette démesure architecturale ne suffisait pas, la cathédrale abrite également l’un des plus remarquables buffets d’orgue du XVIIIe siècle. Accroché en porte-à-faux au-dessus des stalles, au fond de l’édifice, il impressionne autant par ses dimensions que par son élégance : 23 mètres de hauteur, 12 mètres de largeur, et une tribune située à 14 mètres du sol. Un véritable monument dans le monument, qui rappelle que, plusieurs siècles après le début de sa construction, Saint-Just-et-Saint-Pasteur n’avait décidément rien perdu de son goût pour la démesure.

À côté d’elle, le Palais des Archevêques forme avec la cathédrale un véritable ensemble architectural exceptionnel.
Pendant plusieurs siècles, les archevêques de Narbonne ne sont pas seulement des hommes d’Église : ils sont aussi de puissants personnages qui jouent un rôle politique et économique majeur dans la cité.

Le palais s’est construit et agrandi au fil des siècles. Il rassemble aujourd’hui plusieurs bâtiments, des cours, des salles et des tours, dont la célèbre tour Gilles-Aycelin, qui domine la place de l’Hôtel de Ville.
C’est ici que le pouvoir religieux côtoyait directement le pouvoir civil. Et à Narbonne, cette proximité n’était pas qu’une question de quelques mètres : elle raconte l’importance considérable de l’archevêché dans la vie de la ville médiévale.
Le Donjon Gilles Aycelin

L’accès au donjon se fait par la Boutique du Palais des Archevêques, située à gauche en entrant dans l’Hôtel de Ville.


Le sommet est accessible par un étroit escalier en colimaçon en pierre composé de 162 marches – vue à 360 degrés sur la plaine narbonnaise






Le cloître de la cathédrale
À l’abri des bruits de la ville, le cloître offre une autre manière de découvrir le Moyen Âge narbonnais. Construit à partir de la fin du XIIIe siècle, il relie la cathédrale aux bâtiments de l’ancien ensemble épiscopal.

Ses galeries, ses colonnes et ses sculptures invitent à ralentir. Ici, plus besoin de grandes dimensions ou de tours imposantes : les détails racontent eux aussi l’histoire. Chapiteaux sculptés, pierres travaillées et architecture gothique témoignent du savoir-faire des bâtisseurs.

Le cloître constitue également un point de passage entre plusieurs époques. À quelques pas de là se trouvent les vestiges du Capitole romain, rappelant que Narbonne s’est construite par-dessus sa propre histoire, chaque époque laissant ses pierres à la suivante.
Et Narbonne ne se limite pas à ces deux monuments. En parcourant aujourd’hui le centre historique, on découvre encore des traces plus discrètes de cette époque : maisons anciennes, fragments de remparts, rues étroites, anciennes demeures et vestiges religieux. Le Moyen Âge n’a donc pas complètement disparu : il suffit parfois de lever les yeux… ou de regarder ce qui se cache derrière une façade.
La maison des Trois Nourrices
En quittant les grands monuments, le Moyen Âge se rencontre aussi dans des bâtiments beaucoup plus modestes. La maison des Trois Nourrices, située dans la rue des Trois Nourrices, est l’un des plus beaux exemples de maison médiévale conservée à Narbonne.

Construite au XIIIe siècle, cette demeure présente encore une architecture caractéristique de la période, avec ses éléments sculptés et ses ouvertures anciennes. Son nom, particulièrement intrigant, vient de trois figures féminines sculptées qui ornent sa façade.

Elle rappelle surtout une chose : le Moyen Âge ne se résume pas aux monuments religieux. C’est aussi une époque de maisons, de commerces, d’artisans et de familles qui vivent au cœur de la cité. Derrière les grandes pages de l’histoire, il y a donc aussi une ville qui vit, travaille et habite.
La maison consulaire médiévale de Bourg

Maison Romane du 6 rue du Luxembourg
Narbonne conserve l’un de ces témoignages discrets de son architecture médiévale que l’on pourrait facilement manquer en parcourant la ville. Cette maison, datée du XIIe siècle, possède encore une remarquable façade romane sur rue, protégée au titre des Monuments historiques depuis 1934.
La façade s’organise sur deux niveaux, un rez-de-chaussée et un premier étage, séparés par un bandeau mouluré. Le rez-de-chaussée comportait à l’origine une grande baie, aujourd’hui murée, dont les traces restent cependant parfaitement perceptibles dans la maçonnerie.
À l’étage, deux fenêtres géminées, chacune formée de deux arcatures reposant sur une colonnette centrale, témoignent de l’élégance de l’architecture civile romane narbonnaise. La fenêtre de gauche a conservé l’essentiel de sa disposition ancienne, tandis que celle de droite a été transformée en baie rectangulaire, faisant disparaître sa colonnette et son chapiteau.

Les ouvertures sont particulièrement soignées : un double boudin mouluré souligne les piédroits et accompagne les arcatures des fenêtres, donnant à la façade un relief qui devait être beaucoup plus marqué lorsque la pierre était neuve.
La maison figure aujourd’hui parmi les éléments remarquables du patrimoine ancien du centre historique de Narbonne, dans un secteur particulièrement riche en témoignages médiévaux.
Les vestiges des remparts
Pour terminer cette plongée dans le Narbonne médiévale, il faut s’intéresser à ce qui protégeait la ville. Les remparts ont profondément marqué l’organisation de Narbonne pendant des siècles. Ils ont été plusieurs fois transformés, renforcés et adaptés aux besoins de la cité.

Une partie de ces fortifications a aujourd’hui disparu, notamment lorsque la ville s’est développée au-delà de ses anciennes limites. Mais certains vestiges subsistent encore, parfois intégrés aux constructions plus récentes.


Ces fragments sont moins spectaculaires qu’une cathédrale ou qu’un palais, mais ils permettent de comprendre une réalité essentielle de la ville médiévale : Narbonne était une cité fortifiée, organisée derrière ses murs, avec des portes, des passages et des quartiers qui s’inscrivaient dans un espace beaucoup plus resserré qu’aujourd’hui.

En parcourant le centre historique, on peut ainsi passer d’une cathédrale monumentale à une petite maison médiévale, puis retrouver quelques mètres de rempart presque cachés. Autant de morceaux d’une même histoire, celle d’une Narbonne qui, au fil des siècles, n’a cessé de se construire sur elle-même.
La période moderne et contemporaine
Après les grandes heures du Moyen Âge, Narbonne entre dans une période plus contrastée. La ville perd progressivement une partie de l’importance qu’elle avait connue au cours des siècles précédents.
Au XVIIe siècle, l’ensablement de son port complique les échanges maritimes et contribue à son déclin économique. Narbonne reste cependant au cœur d’un territoire agricole fertile et conserve une activité importante autour du commerce et de la viticulture.
Mais la ville n’est pas coupée de l’eau pour autant. Le canal de la Robine, qui traverse Narbonne, joue un rôle essentiel dans les échanges et permet à la cité de rester connectée au réseau fluvial du Midi.

Lorsque le port de Narbonne perd progressivement de son importance, la ville conserve pourtant un lien essentiel avec le réseau fluvial grâce au canal de la Robine.
Ancien bras de l’Aude, le canal est aménagé au XVIIIe siècle et intégré au réseau du canal du Midi. Il permet à Narbonne de rester connectée aux grandes voies navigables du Midi et participe au transport des marchandises.

Aujourd’hui, les péniches ont laissé place aux bateaux de plaisance, aux promeneurs et aux cyclistes, mais le canal continue de traverser la ville comme un fil conducteur entre son passé commercial et son visage actuel.
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Au XVIIIe siècle, Narbonne poursuit sa transformation. Les anciens remparts commencent à disparaître et la ville s’étend progressivement au-delà de ses limites médiévales. De nouvelles avenues, places et promenades apparaissent, donnant peu à peu naissance à une ville plus ouverte.
Puis arrive le XIXe siècle, et avec lui une véritable révolution.
L’arrivée du chemin de fer en 1856 bouleverse Narbonne. Désormais reliée rapidement aux grandes villes du Midi et au réseau ferroviaire national, elle devient un important carrefour ferroviaire. Le développement du transport ferroviaire favorise le commerce et accompagne l’essor spectaculaire de la viticulture dans la région.


Le vin devient alors l’une des grandes richesses de Narbonne et de son territoire. La production augmente considérablement et la ville devient un important centre de négoce. Les négociants, les maisons de commerce et les grands domaines viticoles participent à la transformation du paysage urbain. De nouvelles constructions apparaissent, tandis que la ville s’étend autour de son centre historique.

Cette prospérité connaît toutefois ses revers. La crise viticole de la fin du XIXe siècle, puis la grande révolte des vignerons du Midi en 1907, rappellent à quel point l’économie narbonnaise dépend désormais de la vigne. Narbonne devient alors l’un des foyers importants de cette mobilisation viticole.
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Le XXe siècle apporte de nouvelles transformations. La ville poursuit son développement, son activité agricole évolue et le tourisme prend progressivement une place croissante, notamment avec Narbonne-Plage. Le canal, le chemin de fer, la route puis l’automobile modifient à leur tour les habitudes et l’organisation de la ville.
Narbonne entre ainsi dans l’époque contemporaine avec une identité façonnée par plusieurs siècles d’histoire : une ancienne cité romaine devenue ville médiévale, puis cité viticole et carrefour ferroviaire, sans jamais cesser d’être liée à l’eau.
Et cette histoire est encore visible aujourd’hui. Il suffit de parcourir Narbonne pour retrouver les traces de chacune de ces transformations : le canal de la Robine, les anciennes maisons de négociants, les bâtiments liés au commerce du vin, la gare, les halles, les boulevards aménagés après la disparition des remparts… Une ville moderne construite, une fois encore, sur les couches successives de son passé.
La rue du Pont-des-Marchands : une rue au-dessus de l’eau
Il existe à Narbonne une rue qui possède une particularité assez rare : elle est construite sur un pont.
Le Pont des Marchands, qui franchit aujourd’hui la Robine, s’inscrit dans l’histoire d’un ancien pont romain sur l’Aude. Il comptait alors sept arches, bordées de commerces et d’habitations, et constituait un passage important sur la voie reliant Narbonne à la péninsule Ibérique.
Reconstruit au XVIᵉ siècle, le pont a progressivement été transformé. Aujourd’hui, une seule de ses arches reste visible, les six autres ayant été remblayées et intégrées aux constructions.

Avec ses maisons directement bâties sur l’ouvrage, le Pont des Marchands offre ainsi à Narbonne un paysage urbain assez exceptionnel : l’un des rares ponts habités encore conservés en France, où l’histoire de la ville se lit littéralement au-dessus de l’eau.
Les Halles : le cœur commerçant de la ville
Construites en 1901, les Halles de Narbonne témoignent d’une autre transformation de la ville au début du XXe siècle. Leur architecture métallique et leur organisation moderne répondent aux nouveaux besoins d’une population urbaine en pleine évolution.
Mais surtout, les Halles racontent la relation entre Narbonne et son territoire agricole. On y retrouve les produits de la plaine narbonnaise, de la mer et de l’arrière-pays.
Plus d’un siècle après leur construction, elles ont conservé leur fonction première. C’est assez rare pour être souligné : ici, le patrimoine n’est pas seulement regardé, il continue de vivre.
Sacrées plus beau marché de France 2022 par la rédaction du JT de 13h de TF1.
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Les maisons de négociants : Narbonne à l’heure du vin
Au XIXe siècle, la viticulture transforme profondément l’économie narbonnaise. L’augmentation de la production, le vin devient une véritable industrie.
Cette prospérité laisse encore des traces dans la ville. Derrière certaines façades se cachent d’anciennes maisons de négociants, des chais et des bâtiments liés au commerce du vin.
Les grandes demeures édifiées à cette époque témoignent de la réussite de ceux qui ont profité de cet âge d’or viticole. Certaines façades affichent encore cette volonté de montrer sa réussite : pierre de taille, balcons ouvragés, décors sculptés et grandes portes permettant autrefois l’accès aux marchandises.
En parcourant les quartiers construits ou transformés au XIXe siècle, on découvre ainsi une autre Narbonne : celle des négociants, des tonneliers, des vignerons et des commerçants.
Les boulevards : la ville sort de ses remparts
Pendant des siècles, les remparts ont enfermé Narbonne dans un espace relativement restreint. Leur disparition progressive à partir du XVIIIe siècle permet à la ville de s’étendre et de changer d’échelle.
Les anciens fossés et espaces libérés deviennent des promenades, puis des boulevards. La ville médiévale laisse progressivement place à une ville plus ouverte, organisée autour de nouveaux axes de circulation.
Les boulevards qui entourent aujourd’hui le centre historique sont donc bien plus que de simples voies de circulation. Ils matérialisent une rupture majeure dans l’histoire urbaine de Narbonne : la ville cesse de vivre uniquement à l’intérieur de ses anciennes fortifications.
Narbonne-Plage : une ville tournée vers la mer
Il faudra attendre le XXe siècle pour que Narbonne redécouvre véritablement son littoral sous un autre angle : celui du tourisme.
Avec le développement des congés, de l’automobile et du tourisme balnéaire, Narbonne-Plage se développe progressivement et devient une nouvelle composante de la commune.
Le changement est considérable. Pendant des siècles, la relation de Narbonne avec la mer était principalement commerciale et économique. Désormais, le littoral devient un lieu de loisirs, de vacances et de villégiature.
Levez les yeux….
Et au détour de votre chemin, pensez à lever la tête, certaines façades méritent qu’on les observe avec attention… Ici les hôtels particuliers sont nombreux et les étranges sculptures qui surplombent parfois leurs portails ne vous laisseront pas indifférents.
De Narbo Martius et son port antique à Narbonne-Plage et ses vacanciers, la relation de la ville avec la Méditerranée aura donc changé plusieurs fois de visage.
Et c’est peut-être cela qui résume le mieux l’histoire de Narbonne : une ville qui n’a jamais cessé de se transformer, en fonction des routes, de l’eau, du commerce, de la vigne, du rail et finalement du tourisme.
Charles Trenet
L’un des célèbres chanteurs français, Charles Trenet, est né à Narbonne en 1913. Surnommé « le fou chantant », il a marqué la chanson française avec des titres comme La Mer ou Y’a d’la joie. Un musée est dédié à sa mémoire dans la ville.

👉 Découvrez notre article : Pour partir à la rencontre de Charles Trenet à Narbonne, je vous propose un petit circuit en trois étapes, entre paroles, images et souvenirs.
📌 Sur les pas de Charles Trenet
Le tourisme à Narbonne
Narbonne est une ville très attractive pour les touristes grâce à la richesse de son patrimoine, ses activités culturelles et son cadre naturel.
Les plages
À seulement 15 kilomètres du centre-ville, Narbonne-Plage, Gruissan, Saint-Pierre et Les Cabanes sont des stations balnéaires prisées pour leurs plages de sable fin et leur ambiance familiale.
Les vignobles et la gastronomie
Narbonne est au cœur d’une région viticole réputée, avec notamment l’appellation Corbières. De nombreuses caves proposent des dégustations et des visites guidées. La gastronomie locale est également à l’honneur, avec des spécialités comme le cassoulet, la fougasse ou encore des plats à base de fruits de mer.
Festival « Les Barques en Scène »
Chaque été, ce festival anime la ville avec des concerts en plein air, des spectacles et des animations le long du canal de la Robine. C’est l’un des événements majeurs de l’été à Narbonne.
Le rugby
Le rugby à XV est un sport profondément ancré dans la culture narbonnaise. Le Racing Club Narbonnais, fondé en 1907, a remporté plusieurs championnats et reste un pilier du sport local.
Les environs de Narbonne
Narbonne est idéalement située pour explorer les alentours, qui offrent de nombreuses possibilités d’excursions.

Gruissan
À seulement 15 minutes de Narbonne, Gruissan est un charmant village de pêcheurs réputé pour ses étangs, son salin et ses plages. C’est aussi un haut lieu du kitesurf et des sports nautiques.
Abbaye de Fontfroide
À 15 km de Narbonne, l’abbaye de Fontfroide est un joyau de l’art cistercien. Nichée au cœur des Corbières, elle est entourée de jardins remarquables et offre des visites guidées pour découvrir son histoire fascinante.

Les Corbières
La région des Corbières, avec ses vignobles, ses villages pittoresques et ses châteaux cathares, est une destination prisée des amateurs de randonnée et d’histoire. Les châteaux de Quéribus et de Peyrepertuse offrent des panoramas spectaculaires et plongent les visiteurs dans l’époque médiévale.
Le Minervois
Le Minervois est une région viticole située au nord-ouest de Narbonne, réputée pour ses vins et son patrimoine historique. Ce territoire offre des paysages sublimes de collines et de vignobles, traversé par le Canal du Midi. Les villages typiques comme Minerve, classé parmi les plus beaux villages de France, plongent les visiteurs dans l’histoire médiévale, notamment liée aux Cathares.
Le Minervois est également connu pour ses vins AOC. Les caves et domaines de la région ouvrent leurs portes aux visiteurs, offrant des dégustations et des découvertes oenotouristiques.

Le Massif de la Clape
Le massif de la Clape est un ancien archipel devenu un massif calcaire par l’action de la sédimentation et de la tectonique des plaques. Situé à l’est de Narbonne, entre la ville et la mer Méditerranée, il est un véritable joyau naturel. Ce massif offre des paysages contrastés, entre falaises escarpées, garrigues, pinèdes, et vignes. C’est un lieu idéal pour la randonnée, avec des vues spectaculaires sur la Méditerranée.
Le massif de la Clape est également une terre viticole renommée, avec une appellation éponyme produisant des vins réputés pour leur caractère et leur qualité.
La Clape abrite également de nombreuses espèces protégées, ce qui en fait une zone naturelle d’une grande richesse.
Narbonne est une ville où se mêlent harmonieusement histoire, culture, nature et plaisirs gastronomiques. Son riche passé romain, ses monuments emblématiques, ses plages et ses vignobles en font une destination prisée du sud de la France. Que ce soit pour flâner dans ses rues chargées d’histoire, profiter de ses événements festifs ou explorer ses alentours pittoresques, Narbonne saura charmer les visiteurs tout en restant un lieu de vie agréable pour ses habitants.
































