Lisbonne

La place « Martim Moniz » et ses alentours

Une promenade au départ de la place Martim Moniz, en passant par la Rua da Palma, l’Avenida Almirante Reis et alentours.

C’est une place centrale de Lisbonne, juste derrière le Rossio, comme une antichambre populaire avant d’entrer dans les quartiers historiques. Elle porte le nom de Martim Moniz, ce chevalier qui, selon la légende, se sacrifia en bloquant une porte de la ville avec son propre corps pour permettre la prise du château. Une entrée en matière qui donne le ton.
Aujourd’hui, c’est un carrefour multiculturel, parfois un peu brut, mais profondément vivant. Ici, Lisbonne se montre telle qu’elle est, dans toute sa diversité, loin des cartes postales trop bien lissées.

👣 Que voir et faire autour de Martim Moniz


La Mouraria, juste derrière
La Mouraria est le cœur populaire de la ville, berceau du Fado.
Ruelles étroites, linge suspendu, fresques murales… On s’y perd facilement, et c’est très bien ainsi. Le quartier garde une authenticité rare, avec une âme un peu rugueuse, mais sincère.

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Le quartier est un véritable carrefour culinaire : cuisine asiatique, africaine, indienne… parfois à quelques mètres d’intervalle.
Ici, le voyage continue, mais par l’assiette.

🪭 Vous désirez découvrir le quartier Mouraria c’est ici qu’il faut cliquer


C’est aussi le départ du mythique tram 28
Et oui le célèbre Tramway 28 démarre de cette place
Un conseil simple : venez tôt le matin, sinon vous voyagerez compressé avec un enthousiasme collectif assez… physique.

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🚊 Découvrez le Tram 28


Ça monte vers les miradouros
Un de ces endroits où le temps ralentit sans prévenir.
À une quinzaine de minutes, le Miradouro da Senhora do Monte dans le quartier de Graça, juste au-dessus de la Mouraria qui offre une vue spectaculaire.

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C’est un endroit un peu à part, moins fréquenté que d’autres belvédères. On y voit le château São Jorge, l’Alfama, le Tage… et souvent, quelques musiciens ou voyageurs qui s’attardent.

👉 accessible à pied… si les mollets sont d’accord 😄


Monter vers le château São Jorge
Depuis la place, on peut grimper vers le Castelo de São Jorge, il se trouve dans le quartier de Santa Maria Maior, plus précisément sur les hauteurs de l’Alfama.
La montée se mérite, mais en haut on a droit à un point de vue formidable autant qu’un morceau d’histoire.

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Historiquement, c’est un lieu clé : forteresse maure à l’origine, puis reprise lors de la reconquête par Afonso Ier. Depuis ses remparts, Lisbonne s’étale comme une carte vivante, avec le Tage en toile de fond.

🚋 Partons à la découverte du quartier de l’Alfama


La Rua da Palma, un air de Chinatown lisboète
La Rua da Palma est sans doute ce qui se rapproche le plus d’un Chinatown local.
La rue monte doucement, bordée d’immeubles patinés, d’épiceries venues d’ailleurs et de petits cafés.


Au 268, une porte un peu discrète abrite Prisma Estúdio. Ce lieu associatif fait dialoguer les cultures à travers l’art, les rencontres et des projets créatifs, comme un écho contemporain à l’âme métissée du quartier.

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Parallèlement la Rua do Benformoso situé dans le quartier Mouraria ou on y respire le multiculturalisme et se déroule un étonnant mélange de cultures.
Ici, l’Asie croise l’Afrique sans jamais se bousculer : on passe d’une boutique de boubous colorés à un petit restaurant où fume un bol de pho, puis à une échoppe proposant les derniers films de Bollywood.
C’est un morceau de monde posé là, au cœur de Lisbonne. Dépaysant, sans avoir besoin de faire ses valises.

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Avenida Almirante Reis

Très vite, nous quittons la Rua da Palma pour poursuivre sur l’avenue Almirante Reis. L’espace s’élargit, la perspective devient plus ample. Percée à la fin du XIXe siècle pour accompagner l’expansion de la ville vers le nord, cette grande artère marque une transition nette entre la Lisbonne ancienne et celle du tournant du XXe siècle.

Au tout début de l’avenue, côté centre, se dresse un bâtiment qui ne passe pas inaperçu : l’actuel 1908 Lisboa Hotel.

L’édifice a été distingué par le Prémio Valmor en 1908, prestigieuse récompense architecturale lisboète qui saluait les plus belles constructions de la ville. Conçu par l’architecte Adães Bermudes, il constitue un magnifique exemple d’Art nouveau portugais : façade travaillée, détails sculptés, ferronneries élégantes… Une architecture qui prend le temps de séduire.

Le bâtiment a traversé plus d’un siècle avant de renaître en hôtel de charme. Mais ce qui frappe aujourd’hui, c’est le dialogue inattendu entre son élégance historique et l’art urbain contemporain. On peut y admirer « La Libellule », une œuvre de Bordalo II.

Bordalo II est célèbre pour ses sculptures monumentales réalisées à partir de déchets recyclés — plastique, métal, objets abandonnés — qu’il transforme en figures animales expressives. Son travail est à la fois esthétique et militant : il dénonce la société de surconsommation en utilisant précisément ce qu’elle rejette. « La Libellule » s’inscrit dans cette démarche, apportant une touche résolument actuelle à ce bâtiment du début du XXe siècle.

📍 Voir les autres œuvres de Bordalo II

Sur quelques mètres seulement, l’Avenida Almirante Reis offre ainsi un condensé de Lisbonne : l’élégance Art nouveau, la mémoire architecturale et l’énergie créative contemporaine. Une façade, deux siècles, et une ville qui ne cesse de se réinventer.

À une vingtaine de mètres seulement, un autre trésor attire le regard : la Fábrica de Cerâmica Viúva Lamego, fondée au XIXe siècle et devenue l’un des noms majeurs de la céramique portugaise. Sa façade, entièrement habillée d’azulejos bleu et blanc, agit comme une carte de visite grandeur nature. Impossible de passer devant sans lever les yeux.

Cette maison historique, créée en 1849, a participé à la production de nombreux panneaux décoratifs au Portugal et à l’étranger. Elle incarne à elle seule la tradition azulejar lisboète, entre savoir-faire artisanal et ambition artistique.

En contournant vers l’arrière, au Largo do Intendente n°25, la boutique Viúva Lamego mérite à elle seule un arrêt prolongé. La façade du magasin est intégralement recouverte de carreaux polychromes d’une richesse remarquable : vases chinois fleuris, feuillages exubérants, figures allégoriques… Un décor foisonnant qui évoque l’influence orientale dans les arts décoratifs portugais, héritée des grandes routes maritimes.

Ici, l’azulejo ne se contente pas d’orner : il raconte. Il expose le savoir-faire de la maison comme une vitrine permanente à ciel ouvert. Après l’Art nouveau primé du début d’Almirante Reis et l’art urbain contemporain de Bordalo II, voilà maintenant la tradition céramique portée à son apogée.


🎨 Vous pouvez aussi découvrir les fresques du quartier d’Alvalade