Lisbonne

Le panneau d’azulejos d’Erró à Lisbonne


Super-héros et science-fiction en grand format
À l’adresse Av. Dom João II 1, 1990-083 Lisboa, dans le quartier du Parque das Nações à Lisbonne, se déploie un vaste panneau de carreaux signé Erró.
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L’artiste islandais — de son vrai nom Guðmundur Guðmundsson — est une figure majeure de la figuration narrative européenne. Son travail se caractérise par l’appropriation et l’assemblage d’images issues de la bande dessinée, de la publicité, de la propagande ou encore de la culture populaire.

Contrairement à une fresque peinte à la bombe, l’œuvre lisboète prend la forme d’un panneau en azulejos, c’est-à-dire en carreaux de céramique émaillée, support traditionnel au Portugal. Ce choix crée un dialogue intéressant entre un médium patrimonial et une iconographie profondément contemporaine.

Le panneau rassemble une multitude de personnages issus de la bande dessinée américaine et de la science-fiction. On y reconnaît notamment des figures provenant des univers de Marvel Comics et de DC Comics :
Spider-Man, Hulk, Flash, parmi d’autres.

Certains personnages liés à l’univers de Star Wars apparaissent également dans la composition, élargissant la fresque au champ plus vaste de la culture science-fictionnelle.


Fidèle à la méthode d’Erró, l’image fonctionne par superposition et saturation visuelle. Les figures s’entrecroisent, se répondent, parfois se chevauchent, créant un effet proche d’une planche de comic book éclatée à grande échelle.

L’ensemble n’est pas une simple juxtaposition décorative : il s’agit d’un collage pictural transposé sur céramique, dans la continuité des recherches de l’artiste sur l’imagerie de masse.


L’utilisation de l’azulejo ancre l’œuvre dans la tradition décorative portugaise, tandis que les super-héros incarnent une mythologie contemporaine mondialisée. Le mur devient ainsi un point de rencontre entre patrimoine local et culture populaire internationale.

Pour les amateurs de comics, l’effet est immédiat : reconnaissance, identification, enthousiasme. On cherche les personnages, on compare les univers, on photographie.

Et l’on réalise, peut-être, que les super-héros ont trouvé à Lisbonne un support inattendu : non pas un gratte-ciel new-yorkais, mais un mur de céramique baigné de lumière atlantique.